Lettre aux lecteurs de sagas

Au fur et à mesure de mes publications, j’ai eu droit à des discours de lecteurs assez tristes pour mes petits yeux/petites oreilles. Étant auteur de sagas, j’avoue que j’entends beaucoup de choses concernant les sagas et je m’en vois l’obligation de défendre ces mêmes sagas.

Il y a des discours qui font sourire, d’autres qui font grincer des dents. Écrire une saga, c’est offrir une histoire longue, que l’on suit sous forme d’épisodes/tomes. On entre dans un univers où chaque chose est davantage développée. On approfondit les détails sur les lieux, les personnages secondaires, l’évolution des sentiments et de l’intrigue.

Écrire une saga est plus fastidieux qu’un roman simple. Le scénario s’étend sur plusieurs tomes, donc sur un nombre de pages conséquent. La cohérence se joue sur l’ensemble des tomes, la régularité est bien plus rigoureuse pour ne pas perdre l’osmose de l’ensemble.

Aussi je souhaiterais répondre à certains discours que je vois passer….

Je comprends que le fait d’attendre entre chaque tome est agaçant. On perd le fil de l’histoire, on s’oblige à relire les tomes précédents. On est frustré d’être stoppé en pleine histoire. Oui, mais voilà, cette action entraîne des conséquences dont je vais vous en faire la liste. Ne pas acheter dès le 1er tome entraîne :

  • une baisse des ventes dès le 1er tome => un classement des ventes sur les plateformes mauvais => une mauvaise visibilité => une perte de salaire => une absence de goodies et de dédicaces en salon
  • un échec du T1 => une publication des autres tomes remise en question : les ME refuseront d’investir dans de nouveaux tomes si le 1er ne marche pas. Par conséquent, vous avez ensuite des séries stoppées, des collections qui disparaissent.
  • un échec du T1 => une perte de motivation de l’auteur à écrire ! Il ne faut pas se leurrer ! On avance en fonction des ventes et des retours ! Si personne ne suit derrière, la série peut aussi se stopper au niveau de l’auteur.
  • La disparition progressive des sagas : si les achats ne sont pas présents dès le début, peu d’auteurs s’aventureront à en écrire. Peu en éditeront !

Comment y remédier ?

Acheter le livre, même si vous ne le lisez pas dans l’immédiat ! Acheter, c’est soutenir l’auteur !

 Si cette question fait plaisir, elle peut aussi vite être source de stress ! Comme je le disais, écrire n’est pas une tâche mince à faire ! Cela demande beaucoup de travail, encore plus en autoédition. Par conséquent, l’attente n’est pas contre vous, mais pour donner le meilleur ! La moyenne des écrivains est de un livre par an, mais bien souvent, cela peut être plus ! En particulier pour les sagas !

George R. R. Martin écrit 3 pages par jour et a mis 15 ans pour écrire les 5 premiers tomes du Trône de fer ( Game of thrones )

J.K. Rowling a mis 7 ans pour publier son 1er tome de Harry Potter.

Un auteur de sagas est un être qui écrit des livres à attente longue ! C’est tout ! 

Il faut comprendre que tout ne peut arriver vite, sauf si tout est déjà écrit ! Mais si vous voulez cela, on ne se revoit alors que dans 5 ans ?

Que dire alors ?

Dites « Vivement la suite ! » plutôt.
Vous n’aurez pas de date en réponse si l’auteur lui-même ne sait pas combien de temps il va mettre pour écrire cette suite.

Vous êtes dans une saga . Une saga installe un univers  qui se fait, bien souvent, par des scènes du quotidien, de prime abord anodines, mais qui vont ensuite donner une profondeur à l’intrigue. Il y a plusieurs étapes dans la construction d’un livre ; pour la saga, ces étapes sont rallongées. C’est comme ça ! L’évolution des personnages suit une logique d’avancées et de recul dans les actions et les sentiments. On n’a pas tout, tout de suite. On n’est pas dans une histoire qui induit forcément de l’action. On peut aussi faire machine arrière. Donc oui, on peut stagner, tourner en rond, ne pas voir d’issues, car c’est le propre d’un développement long, à l’instar d’une série TV.

Comment les gérer ?

Bien souvent, ce qui peut paraître comme des longueurs peut avoir finalement du sens par la suite ! Ne lisez pas en diagonale ces passages ! Ils installent forcément quelque chose dans l’histoire !

Je dois dire que c’est le genre de remarques qui agacent , tout simplement parce qu’on peut avoir un plan établi, l’action d’écriture peut entraîner quand même des changements de dernières minutes et faire rallonger l’histoire. Il est très difficile de quantifier un nombre précis de tomes quand on part sur une longue histoire. On peut très vite dépasser ses premières estimations en ayant de nouvelles idées, un changement de scénario, l’arrivée d’une situation qui vient perturber ce qui était établi. L’important pour un écrivain de sagas est d’arriver à écrire tout ce qu’il a en tête sur son histoire.

Il y a une seconde donnée à prendre en compte : l’épaisseur du livre. Arrivé à un certain nombres de pages, l’auteur se voit obligé de scinder son livre en deux à cause des coût de livraison et des coûts d’impression. Il est plus difficile d’imprimer et vendre un gros pavé. C’est un fait. Les distributeurs et imprimeurs imposent un prix final au livre très important dès qu’on atteint les 500 pages pour les autoédités. Les lecteurs sont aussi plus enclin à payer en plusieurs fois des petites sommes qu’en une fois un 22 euros !

Que faut-il se dire ?

Plus c’est long, plus c’est bon ! On prolonge son plaisir de rester avec nos chouchous !

J’espère que ces réponses feront réfléchir sur ce que sont les sagas et leurs auteurs et les réactions à avoir  !

Les commentaires négatifs : comment réagir ?


Aujourd’hui, je viens faire le point avec vous sur un sujet qui fâche beaucoup d’auteurs : les commentaires négatifs. Je croise souvent des auteurs sur Facebook ( en devenir ou ayant déjà publié un livre ou deux )  et qui posent cette question : comment réagir face aux commentaires négatifs ?

Pour ma part, plusieurs constatations s’imposent depuis que je publie, soit deux ans et demi.


1/ Très souvent, l’avis négatif se construit sur des arguments que d’autres ont adoré. ex : je déteste ce passage >< j’adore ce passage. Donc qui croire ? Eh bien, tu vas te tourner vers ceux qui aiment, car c’est ta fanbase. Je ne retiens donc que les avis positifs. Pour mon moral, mais aussi parce que les commentaires sont subjectifs.
2/ Bien souvent, le caractère de la personne ressort. Ex: ultra féministe, coincée du cul qui va tomber sur une scène sexuelle ou une attitude trop « hors des clous », choquante pour sa sensibilité  => livre non adapté pour eux, mauvaise cible. Dans ce cas-là, pareil, je ne tiens pas rigueur de ces avis, car rien ne fera changer d’avis quelqu’un qui a des a priori trop ancrés.
3/ Tu vas vite apprendre à décortiquer les commentaires négatifs et voir qu’ils tiennent sur un bout de ficelle et bien souvent finiront par te faire rire plutôt qu’autre chose. Lis bien les arguments. Souvent la personne s’est fait sa propre histoire du truc, son propre film et n’a pas lu les véritables intentions de l’auteur. La fameuse lecture en diagonale ! Le lecteur se cantonne au 1er degré de lecture et n’a pas été capable de lire le récit sous-jacent.
4/ Le syndrome  » j’aime ne pas faire comme les autres » : un livre qui a de bonnes critiques, c’est bizarre et certains se font une joie d’être les défenseurs de la  fameuse bonne littérature ! Il faut casser ce succès et ils deviennent le phare de la vérité ds la nuit des aveugles . Une façon pour eux surtout de se faire remarquer là où du monde passent et suivent ! Ce sont des commentaires cinglants, souvent courts, ne permettant pas de réponses. Aucune construction dans les arguments. C’est du lynchage gratuit. => next ! Aucun intérêt pour moi !
5/ Les jaloux : et oui, le succès apportent la jalousie. Famille, amis ou auteurs et ses groupies, tu verras. Tu vas apprendre l’hypocrisie avec un grand H. Moi, j’y prête plus gaffe ! Seuls les jaloux sont aigris et perdent, chez moi tout va bien ! ^^
6/ Plus ton livre est controversé, plus il attire des curieux qui se voudront se faire leur propre avis. Donc si tu as cet équilibre c’est tout bon 😜
7/ Les super calés du genre : tout lu, incollables. Oui tu es une petite joueuse du genre, retourne à la dînette. => oublie. Tu ne cherches pas des spécialistes capables de faire une thèse sur les exoplanètes, juste des lecteurs.
8/ Attention à ne pas tomber dans le piège de suivre tous les avis « constructifs » qui soulèvent souvent des points très subjectifs. Pour moi, un avis est constructif s’il répond à une demande d’orthographe, conjugaison, syntaxe et ponctuation. Il est aussi constructif lorsque qu’il soulève un vrai problème de cohérence (ex : il fume une cigarette et la seconde d’après, la cigarette n’est ni sur sa bouche ni dans sa main ni au sol). Les avis négatifs concernant la construction du scénario sont très discutables. Certains préfèreront indubitablement des situations ou réactions différentes de ce qui est lu et se trouveront gênés par la proposition de l’auteur. Malgré tout, attention ! Ce type d’avis qui se veut constructif est à prendre avec du recul. Ils se basent sur ce qu’aurait fait le lecteur à la place du personnage. Or un personnage a sa propre identité, son propre caractère et ne correspond pas forcément à celui du lecteur. Et on retombe sur mon 2/. De même les remarques sur j’aurais aimé « plus de … », « moins de…. » => affaire subjective. On ne peut pas réécrire un texte pour chaque considération de lecteur !
9/ Style de gamin de maternelle ! Perso, là aussi ça me fait ni chaud ni froid. Le style est subjectif. Certains aiment les envolées lyriques pour justifier le fait d’avoir « un style ». Le style est affaire de perception. Soit il fait écho au lecteur, soit pas. Toujours est-il que le plus simple des styles peut être tout aussi efficace qu’un truc méchamment alambiqué !

Conclusion


Vous l’aurez compris, il faut se centrer sur le positif.
Il faut d’abord écrire pour soi et laisser de côté le reste. Bien sur, c’est génial de partager son univers avec les lecteurs, mais si notre livre n’a pas réussi à transporter quelques lecteurs, tant pis. Il existe un nombre incalculable d’auteurs qui correspondent tous à un lecteur. Notre but est de trouver nos lecteurs, ceux à qui nos livres parlent ; ceux qui reçoivent nos messages et les émotions que nous voulons transmettre .
Toutefois, il est toujours difficile de se détacher du premier livre qu’on publie. Dans ce cas, pensez aux auteurs connus qui vendent des millions d’exemplaires. Est-ce qu’à votre avis, ils prennent en compte les nombreuses critiques négatives de leurs livres ? Je ne pense pas… ils se contentent d’écrire