Site web en maintenance : gros chantier !

Le site fait peau neuve ! Suite à une grosse mise à jour technique, je retravaille actuellement les fiches de mes romans. Suivez les coulisses du chantier PHP…

 

Bonjour à tous !

Voici un message pour vous alerter qu’un grand chantier a commencé au sein du site depuis le 20 août. J’espère le finir en un mois. Oui, autant de temps ! Je vous explique tout !

1 / Pourquoi ce chantier ?

 

Le site a 11 ans, et si j’ai fait des mises à jour fréquentes, le temps en informatique joue sur l’obsolescence programmée plus vite qu’ailleurs et au bout d’un moment, le site devient trop vieux pour accepter les nouvelles mises à jour trop performantes. Et sur un site web, cela se passe autour du code PHP. Mon site était en PHP 7.4. Aujourd’hui, nous sommes au PHP 8.5. Beaucoup de versions sont sorties entre temps et je n’avais pas pris la peine de me pencher dessus car changer de versions impliquent beaucoup d’inconvénients.Mais cette fois, plus le choix !

 

2/ quels changements ?

 

Lorsque l’on change de version PHP, vous offrez un peu comme une nouvelle vie à votre site avec un nouveau moteur pour tourner, mais certaines parties de la machine deviennent trop vétustes et sont donc à changer. Sauf que si vous ne repérez pas ce qui peut être trop vétustes, vous pouvez planter complétement le site. J’ai donc dû chercher chaque plugin qui construise le site (un peu comme chaque brique du bâtiment ) et vérifier leur état ! Pas simple quand vous en avez plusieurs dizaines. Une fois les plugins obsolètes supprimés, il a fallu trouver leur remplaçants qui tournent avec ma nouvelle version PHP. Mais là où c’est moins drôle c’est qu’il faut reprendre pages après pages le code pour retirer l’ancien code/shortcode pour mettre le nouveau.

Quitte à tout reprendre, autant donc reprendre aussi le design complet avec !

Voilà pourquoi j’ai tablé sur un chantier d’un mois le temps de tout reprendre avant la sortie du T4 de ma romantasy.

 

Rassurez-vous, vous ne serez pas trop dépaysés, on garde à peu près la même configuration. J’aimerais juste axer un peu plus vers mon influence manga/webtoon/webnovel.

 

Je laisse le site ouvert. Il se peut que vous voyez certaines pages avec des incohérences dessus : c’est normal ! Je rectifie au fur et à mesure !

Voilà voilà. Vous savez tout ! ^^

 

 

BILAN 2025

 

 

Une nouvelle année finie et l’heure est au bilan. Un seul mot peut résumer cette année : sous-marin. Je suis restée très présente, mais très discrète dans mon activité. Voici le bilan de cette année 2025.

 

 

2025 : UNE ANNÉE OFF

 

Je me suis enfin décidée à passer le cap. Je voulais attendre mon arrivée à Bordeau pour faire le changement. Je l’ai fait à la date anniversaire de ma micro-entreprise. Désormais, j’ai le statut d’artiste-auteur. J’ai encore des petits trucs à comprendre, mais je me suis étonnée à réussir la fermeture de l’un et l’ouverture de l’autre sans trop de soucis. Ouf ! Il est appréciable de payer moins de cotisations sociales ! ^^’

 

Une nouvelle réalité un peu dure, mais bien réelle. Et cela risque d’être la même pour 2026. D’une part, il n’y a rien sur Bordeaux, d’autre part j’ai été refusé à des salons, et enfin j’ai renoncé à m’inscrire à d’autres, faute de budget pour refaire mes stocks. C’est ainsi. Mais je n’ai pas eu la niack non plus à faire face au milieu de l’édition.

 

C’est dur à dire, mais je n’ai pas pu sortir le dernier tome de  Là où mon coeur te retrouvera… Je me suis fait rattraper par l’histoire qui s’avère plus longue que je ne le pensais. Ce surplus à écrire a joué avec le temps et je n’ai pas pu le finir en 2025, ni le sortir. J’ai également eu plus de mal à l’écrire, car le tome est dense en informations et événements, ce qui m’a demandé une plus forte concentration et vigilance. Enfin, ce tome jongle sur trois époques et il m’a fallu faire attention à la cohérence temporelle, ce qui à rajouter une colle à mon enlisement lol !

Je n’ai pas pu finir non plus un de mes webnovels. Si je les ai avancés, je n’en ai fini aucun. Du coup, hormis la version papier du T8 de Je te veux ! en janvier faisant suite à la sortie de l’ebook en décembre 2024, il n’y a rien eu de nouveau en 2025. Ce n’est pas faute d’avoir des tomes en stock, mais je ne veux pas sortir de nouvelle saga sans que la fin soit écrite. Je ne veux pas me mettre ce stress.

 

Concernant les ventes numériques, 

Ce fut la surprise de ce bilan. Ce n’est ni ma romantasy, ni  je te veux qui a le mieux marché dans mes ventes numériques, mais  À votre service ! Les promos du distributeur ont bien fonctionné au point de voir le T1 être le mieux vendus en 2025. Sont compris dedans les abonnements dont le nombre de pages lues fut convertis en équivalent livres. Je te veux ! T8 a bien vendu en janvier et février, des suites de sa sortie fin décembre 2024.

sur la boutique du site web, je n’ai eu que 4 ventes num cette année.

1[ebook] JE TE VEUX ! – T8 : Toi. Uniquement toi.
1[ebook] LOMCTR – T3 : Le coeur ou la raison.
1[ebook] LOMCTR – T2 : Le Démon et la Protectrice.
1[ebook] LOMCTR – T1 : Pour le meilleur. Pour
TOTAL ebook =  1040 ebooks
Concernant les ventes papier, 

JTV1 : pas dispo pour l’instant sur BOD + 0 sur site

JTV2 : 3 sur BOD + 0 sur site

JTV3  : 4 sur BOD + 0 sur site

JTV4 : 3 sur BOD + 0 sur site

JTV5 : 2 sur BOD + 0 sur site

JTV6 : 0 sur BOD + 0 sur site

JTV7 : 1 sur BOD + 0 sur site

JTV8 : 29 sur BOD + 19 [Broché] – Je te veux ! T8 : Toi. Uniquement toi ! = 48

LOMCTR1 : 1 sur BOD + 2 [Broché SIMPLE] LOMCTR – T1 : Pour le meilleur. Pour le pire. = 3 LOMCTR1

LOMCTR2 :  0 sur BOD + 2 [Broché SIMPLE] LOMCTR – T2 : Le Démon et la Protectrice.= 2 LOMCTR2

LOMCTR3 : 3 sur BOD  + 1 LOMCTR – T3 Deluxe : Le coeur ou la raison. = 4 LOMCTR3

AVS1 : 0 sur BOD ( il n’y est pas encore !) + 0 sur site

AVS2 : 0 sur BOD + 0 sur site

DLPEN : Il n’y est pas sur BOD + 0 sur site

 

TOTAL PAPIER = 70 livres papier

 

TOTAL PAPIER + EBOOKS = 1040 + 70 = 1110 livres

 

Si je compare à 2024, j’ai vendu plus de livres ( 916 en 2024). Pour une année sans sortie hormis la version papier de JTV8, je m’en sors pas trop mal. Bien sûr, si j’ai vendu au-delà de 1000 livres, il ne faut pas oublier que le pourcentage perçu par l’auteur reste dérisoire par rapport au prix du livre. Si mes livres papier tournent autour de 2€ de droit d’auteur, mes ebooks tournent autour de 60% du prix du numérique. Cependant, il faut débiter dessus les frais éditoriaux, les cotisations sociales, les impôts, les frais d’écriture telles que les applications, logiciels ou publicités. Il ne reste pas des masses à la fin. Mais bon, je me dis que cela aurait pu être pire. Cette année, finalement, je n’ai pas chuté dans mes ventes comme depuis plusieurs années, j’ai amorti la chute et j’ai stagné. Ce qui est un soulagement en soi. J’espère que 2026 va confirmer à nouveau le regain de vente avec une flèche allant vers le haut, notamment grâce à de nouvelles sorties.

 

Pour la première fois depuis 3 ans, je n’ai pas fait le concours New Romance de Fyctia. Pas que je n’avais pas d’idée sur le thème, mais plutôt que je ne souhaitais pas m’éparpiller davantage et continuer mes histoires en cours. Le thème était  » Seriously ? ». Si j’avais dû y participer, j’aurais raconter une histoire de stalkers ! Ouais ! J’ai une tite histoire plutôt mignonne, mais elle va rester en tiroir pour l’instant !

 

J’ai changé son design à l’automne. J’avais besoin de recentrer mon activité sur mon identité, ma personnalité et mes amours : les sagas, webnovels en lien avec mon amour pour les mangas et webtoons. Il me reste encore quelques bricoles en boutique à régler, mais ça peut attendre.

 

Même si je n’ai pas fini son écriture, j’ai écrit 90% du T4 de Là où mon coeur te retrouvera, soit 109 823 mots.

Ajouté à cela, la première partie du t3 de Be my baby : 50 232 mots

La fin de saison 1 de Toi seul(e) peux me comprendre : 29 523 mots

Et le début de la saison 3 d’ À 3 flocons de toi : 32 164 mots

TOTAL :  221 782 mots (contre 294 740 mots en 2024). C’est moins qu’en 2024, mais cela représente l’équivalent de 3 petits romans de 75K mots.

 

Je me suis enfin décidé ! J’ai commencé début décembre une formation au dessin. La casquette d’illustrateur est une casquette qui me manque depuis un moment, notamment en tant qu’infographiste, et je regrettais de ne pas me lancer. La raison est multiple : chronophage, fastidieux, formation sur plusieurs années.

Mais j’ai envie d’agrandir mon univers avec mes propres dessins. La montagne à gravir est de la taille de l’Everest ! Je ne suis même pas sûre d’en atteindre le sommet, tant la montée va être ardue. Mais mieux vaut tenter que de ne rien faire. Je ne suis pas prête à vous montrer de belles illustrations dans l’immédiat, mais peut-être d’ici deux ans je pourrais vous gribouiller des trucs, à force d’entraînement. En attendant, j’apprends les bases.

 

 

ET 2026 ? objectif « finir encore ! »

 

CÔTÉ ÉCRITURE.

⁃ 2024 était l’année de la fin de Je te veux ! 2025 celui de la fin de  Là où mon coeur te retrouvera… mais j’ai échoué.  Finalement, sa fin sera en 2026.

⁃ Normalement, je finirai aussi  Be my baby avec sa dernière saison. J’entamerai son écriture une fois LOMTR fini.

Reste mes autres histoires en cours à écrire en parallèle…

⁃ Je finirai la saison 3 d’ À 3 flocons de toi actuellement en cours sur Inkitt. Si tout va bien, elle devrait se finir d’ici avril. Il manquera plus que la saison 4, mais je doute de pouvoir caser son écriture en 2026.

⁃ J’aimerais écrire la saison 2 de Toi seul(e) peux me comprendre. La S2 fera la charnière entre le T1 et le T2. J’aurais donc un T1 dispo. L’idéal serait de l’écrire au second semestre. Il restera une 3ème saison qui clôturera le T2 et l’histoire pour 2027.

⁃ J’aimerais entamer l’écriture d’une nouvelle histoire : ma romance vampire. Du fait de finir ma romantasy et BMB, ça m’ouvrirait une place pour une nouvelle histoire. En aurais-je la possibilité ? On verra.

 

CÔTÉ ÉDITION.

 

Il est évident que 2026 aura au moins une sortie : la fin de  Là où mon coeur te retrouvera… Et ensuite ? La logique serait de voir arriver Be my baby en bibliothèque. Pour l’instant, j’ignore de quelle manière je souhaite l’éditer. Soumettre en ME ou éditer en AE ? Je n’ai pas encore tranché. Je m’interroge sur ma visibilité, ma crédibilité. Le lectorat d’il y a dix ans n’est plus celui d’aujourd’hui. Être en ME me permettrait de me faire découvrir par un nouveau public. Mais dans quelles conditions, avec quels sacrifices derrière ? J’ai toujours cette clairvoyance sur l’édition et l’amertume de mon premier échec en ME… Les soumissions impliquent aussi une publication pour 2027 si la saga est acceptée. Cela veut dire que je dois trouver une autre saga à éditer après LOMCTR pour 2026. Or, je ne pense pas pouvoir en finir une pour 2026. Du moins, si je dois cravacher pour en finir une, ce serait ma romance princière, mais c’est une histoire longue…

Bref ! je ne fais que le pronostic d’une sortie pour l’instant. On verra.

 

CÔTÉ salon

 

Je ne prévois pas de salons pour 2026. Trop onéreux pour mon budget actuel. Je préfère le garder pour de belles covers ^^.

 

CÔTÉ dessin

 

Mon objectif est de finir toute ma formation sur les bases du dessin. En ce mois de janvier, je finis les bases du visage. Je commencerai le corps en février. Mais j’ai aussi les perspectives à approfondir pour le background, les animaux, les objets, les mouvements… Beaucoup à faire !

J’aimerais aussi commencer à dessiner sur ma tablette graphique. Il est temps que je l’étrenne depuis le temps que je l’ai !

 

conclusion

 

2025 n’a pas été une année très active chez moi, du moins en public. J’ai bossé en coulisses, mais pas au point de trouver une résonnance niveau public niveau édition. 2026 risque d’être une année assez calme également. Tout dépend de ce que je fais de Be my Baby. Si je décide de l’autoéditer, le T1, voire le T2 pourrait sortir cette année. Si cela part en ME, il faudra attendre 2027 pour la sortie de nouvelles oeuvres en AE. Dans tous les cas, si je sors BMB en AE, je prendrai aussi le temps de préparer sa sortie, afin de caler la date de chaque tome, ses covers, son travail edito etc. Beaucoup de boulot. Je pensais que 2026 serait une année folle, mais ce sera plus 2027…

Mais qui peut dire si ces prévisions se vérifieront ? Wait and see.

 

 

 

BILAN 2024

La fin de l’année 2024 s’achève. Une année de plus en tant qu’écrivaine. L’heure du bilan est donc venue. Je dois bien avouer qu’elle a été assez différente des autres années sur certains aspects. On en parle tout de suite.

 

MON HUMEUR SUR CETTE ANNÉE

 

Avant de faire le point sur cette année passée, il est utile de préciser l’état d’esprit dans lequel j’ai été.

 

Tout d’abord, il me faut recontextualiser un peu le milieu de l’édition actuelle.  depuis le covid, le milieu de l’édition a considérablement changé, notamment en romance. Beaucoup se sont mis à écrire et cela a eu pour effet de saturer le marché. d’une part au niveau des soumissions de manuscrits au sein des maisons d’édition, mais aussi en autoédition. Plus il y a d’offres, plus nous sommes noyés dans la masse.

Ajouté à cela, le phénomène Tiktok, et plus particulièrement Booktok. Il a continué de progresser en 2024 et la jeunesse s’est emparée de la romance. Les ME ont délaissé définitivement les blogs ( sympa les kleenex jetables, hein !) pour caresser dans le sens du poil toutes ces jeunes lectrices, nouvelle manne financière notamment via le pass culture. Et elles font aujourd’hui la pluie et le beau temps sur les livres tendances, délaissant au passage l’autoédition, grande perdante de tout cela. Un autoédité apporte moins de crédibilité qu’un partenariat avec une ME.

 

À ce stade, si : 1/ tu ne prends pas le train tiktok en marche et 2/ tu es une ancienne doublée d’une vieille daronne, tu deviens vite has been et donc inintéressante. Dure loi de la nature. Dure loi du business. Adulée un jour, ignorée le lendemain.

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Et moi dans tout ça ?

Ce que j’avais déjà ressenti en 2023 s’est renforcée en 2024 : un besoin de me recentrer sur l’essentiel, sur ce que j’attends de l’édition, de l’écriture, de la suite. Et j’ai donc continué ce que j’avais commencé en 2023 : écrire des webnovels. Je me suis rendue compte que le problème n’était pas la créativité ou la question de l’envie d’écrire. Le problème vient du simple fait de passer mon écrit à l’édition. Je ne parlerai pas de phobie, mais plutôt d’angoisse.

Écrire pour vendre, écrire pour vivre, écrire pour répondre à des attentes spécifiques de lectrices. Dois-je écrire ce que je n’aime pas, mais qui est tendance pour vendre, au risque d’aller contre mes envies et principes ? Comment plaire à un lectorat sans se corrompre soi-même ? En vieille indépendante, dois-je en venir à supplier pour être considérée par de nouvelles lectrices ?  Comment faire lorsque vous n’êtes pas à l’aise devant une vidéo ou lorsque vous n’êtes pas une démonstrative, une enjouée de la vie ou encore une extravertie ?

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J’ai continué de trouver mon salut en écrivant pour de la lecture gratuite. Exit l’angoisse de l’édition, de la communication commerciale, des moments de doutes sur ce que je dois écrire pour plaire, pour convaincre, pour donner une volonté d’exister aux yeux des gens. L’avantage du gratuit, c’est qu’il n’y a rien de vraiment attendu derrière. On écrit ce qu’on a envie d’écrire, et ensuite vient qui veut. Les personnes qui lisent gratuitement sont plus ouverts aux lectures tests et du coup, mes histoires ont trouvé un public qui a vite grandi au-delà des préjugés sur mes origines autoéditées ou pas, au-delà des tendances commerciales ou des attendus du genre.

C’est là qu’on voit les effets pervers de l’édition. Le problème n’est pas nous ou nos écrits, mais bien cette mécanique commerciale qui enferme, cloisonne, restreint les auteurs et la diversité littéraire. Cela influe sur le comportement des lecteurs acheteurs et uniformise la lecture au lieu de célébrer tout ce qu’elle peut offrir.

J’ai donc passé mon année à écrire en dehors du milieu de l’édition. Ce fut un bien énorme qui a libéré ma plume et m’a permis de retrouver le plaisir d’écrire… J’écrivais sur carnets mes webnovels, sur clavier directement pour l’autoédition. J’ai trouvé un rythme d’écriture, une organisation pour fractionner au mieux chaque chose, une régularité en planifiant des publications hebdomadaires… L’idée fut de travailler en même temps l’écriture d’un webnovel et l’écriture d’une histoire en autoédition en même temps., d’alléger mon angoisse de l’autoédition par l’écriture plus légère et décomplexée du webnovel.

L’avantage de la publication du webnovel, c’est de créer du contenu sans trop se prendre la tête et au final, avoir un stock d’histoires pour plus tard. Chaque semaine, j’ai publié mon chapitre et les semaines défilant,  cela s’est transformé en tome.

 

UNE ANNÉE RICHE EN NOUVEAUX PROJETS

 

2024 a donc vu de mon côté l’arrivée de 2 nouveaux projets d’écriture : À TROIS FLOCONS DE TOI et TOI SEUL(E) PEUT ME COMPRENDRE.

 

À la base, je n’avais pas prévu de me lancer dans ces deux histoires. Ce fut un coup de tête poussé par la proposition d’un concours à thème. Pour le premier, ce fut un concours Inkitt sur le thème de la magie de l’hiver, le second un concours Fyctia sur le thème du Green flag, autrement dit le good boy.

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À TROIS FLOCONS DE TOI a débuté en janvier 2024 et a fini sa 1ERE saison en décembre. C’est l’histoire que j’ai couvert sur toute l’année avec une moyenne de 1 chapitre par semaine. La première saison se

compose donc de 49 chapitres ! Ce n’est pas rien ! Je voulais raconter l’histoire d’une rencontre, mais surtout d’un destin : celui d’une journaliste qui va rencontrer un prince vraiment charmant à tout point de vue, et donc devenir princesse. Un véritable conte de fées. Je crois qu’en ces périodes difficiles, le besoin de rêver est toujours vivace.

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TOI SEUL(E) PEUT ME COMPRENDRE. est mon dernier projet lancé en novembre. Il compte à ce jour 10 chapitres. Si je ne pensais pas me plonger dessus dans l’immédiat, le sujet me tenait toutefois à coeur et je l’ai donc passé au-dessus de la pile d’histoires à écrire. Je voulais écrire une histoire lycéenne pleine de bonté, d’espoir, de douceur et Anton, le personnage masculin, en est le symbole. Je voulais aussi traiter de sujets propres à la fin de l’adolescence : les conflits familiaux, les attendus de la jeunesse, versus notre être profond, le harcèlement et la montée des rumeurs et réputation, les enjeux de l’orientation scolaire et professionnelle, les examens, l’éducation sexuelle… Des thèmes que chaque adulte a vécu ou dont il a été témoin. C’est pour cela que je me suis lancée dans ce concours Fyctia. Bien sûr, au-delà du scepticisme de gagner ce concours, cela me permet surtout de trouver un rythme d’écriture régulier pour créer du contenu.

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UNE ANNÉE RICHE EN ÉCRITURE

 

Vous l’avez compris, mes 2 nouveautés montrent que je n’ai pas chômé niveau écriture puisqu’à elles deux, elles totalisent 59 chapitres. Mais ce ne sont pas les seules histoires qui ont avancé !

Parlons chiffres !

 

▶︎  À TROIS FLOCONS DE TOI, c’est donc 130 000 mots écrits sur l’année ! Un énorme pavé qui appelle une nouvelle saison avec le début d’un nouveau tome en 2025.

Niveau stats sur Inkitt, c’est  :

162 ❤️,

220 commentaires,

29 évaluations/critiques 

16 000 lectures, 

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▶︎ Parallèlement, avec la fin du T1,  j’ai écrit le T2 du webnovel BE MY BABY.

Il s’est étalé sur tout le 1er semestre. Le succès du T1, notamment sur Inkitt, s’est prolongé avec l’arrivée du T2. C’est le webnovel qui rencontre le plus de succès parmi mes webnovels. BE MY BABY T2 comprend 72120 mots et 22 chapitres.

Niveau stats sur Inkitt :

171 ❤️

252 commentaires,

29 avis/critiques

19 370 lectures

Niveau stats sur wattpad

 3.9K de vues

380 ⭐️ ( votes )

166 commentaires

115 Lecteurs Engagés

 

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Autrement dit, sur Inkitt, les deux webnovels ont explosé les stats.

 

▶︎ TOI SEUL(E) PEUT ME COMPRENDRE comptabilise en deux mois 30 420 mots ! Une bonne cadence sur ce court laps de temps qui va se prolonger jusqu’à la fin du concours mi-février et terminera la 1ere saison de cette histoire.

Niveau stats :

3.5K vues

172 commentaires

▶︎ Enfin, j’ai écrit JE TE VEUX ! T8, du moins les deux tiers restants. ce qui équivaut grosso modo à 60 000 mots !

▶︎ Reste LÀ OÙ MON COEUR TE RETROUVERA – LIVRE IV que je n’ai pas pu avancer comme je l’aurais voulu, bien qu’il reste ma priorité pour 2025. Je n’ai écrit que 2200 mots lol !

 

Au total,  j’ai écrit 294 740 mots sur l’année 2024 !

 

 

 

UNE ANNÉE PAUVRE SUR D’AUTRES ASPECTS

 

Si j’ai jamais été aussi prolifique d’un point de vue écriture, cela a aussi été au détriment d’autres choses. Notamment au niveau des sorties. 2024 ne compte qu’une seule sortie en autoédition : JE TE VEUX ! T8.

Mais là aussi, cela ne portera pas vraiment ses fruits sur cette année-là puisque la sortie fut le 27 décembre et uniquement en numérique. Le reste de la sortie sera sur janvier, voire février 2025.

Autrement dit, il n’y a pas eu de véritable nouvelle entrée d’argent cette année. Seules les ventes de mes anciens titres ont alimenté la caisse. Des ventes en berne, année après année, renforcé par l’idée persistante que les titres en autoédition ne méritent pas d’attention comparé aux titres en ME.

 

Titres vendus en numérique chez les revendeurs en 2024

Livre Quantité
Total 864
1Je te veux ! T5 56
2Je te veux ! T1 113
3Je te veux ! T4 67
4À votre service ! T1 32
5Je te veux ! T2 81
6Je te veux ! T3 68
7De la pluie entre nous. 43
8À votre service ! T2 37
9Je te veux ! T6 55
10Je te veux ! T7 64
11Là où mon coeur te retrouvera… T1 90
12Là où mon coeur te retrouvera… T2 43
13Là où mon coeur te retrouvera… T3 48
14Je te veux ! T8 67

 

CA (€)Net éditeur (€)Quantité
Total3 594,032 156,92864

 

À TITRE COMPARATIF, LES VENTES NUMÉRIQUES CHEZ LES REVENDEURS EN 2023

CA (€)Net éditeur (€)Quantité
Total6 634,163 653,041608

 

J’ai vendu 2 fois moins d’exemplaires cette année. C’est ainsi d’année en année depuis le covid.

 

Titres en papier

nombre d’exemplaires vendus

marge nette
3167,23€

 

 

Ventes sur le site ebooks et papier confondus > boutique du site

nombre d’exemplaires vendus

marge nette
21
194,83€

 

Cela fait un total de  916 exemplaires pour un chiffre net de 2418,98€. Pas de quoi en vivre, comme vous pouvez le constater, ni même dégager un salaire partiel mensuel.

Cette conclusion est assez édifiante sur les difficultés de plus en plus réelles à continuer l’édition.

 

 

Programme pour 2025

 

▶︎ Tout d’abord, j’ai la campagne de JE TE VEUX ! T8 en version papier qui m’attend dès janvier.

▶︎ Ensuite, côté webnovels,  je vais continuer l’écriture de TOI SEUL(E) PEUT ME COMPRENDRE jusqu’à mi-février avec la fin du concours Fyctia et donc terminer la saison 1, mais aussi reprendre BE MY BABY avec une nouvelle saison/le début du T3 et le finir.

▶︎ Mon seul objectif éditorial se résume uniquement à la sortie du T4 de LÀ MON COEUR TE RETROUVERA. C’est un peu triste, mais c’est une réalité. Ce sera le même topo que 2024 avec une sortie en fin d’année. Je ne veux rien sortir qui ne soit totalement fini pour l’instant. Je ne veux pas me mettre de pression, ni me précipiter à mettre en vente.

 

Je garde donc le cap entre finir en coulisses mes webnovels et finir mes sagas en  autoédition.

Ensuite, je ne sais pas.

La suite de  À TROIS FLOCONS DE TOI viendra si je le peux au second semestre 2025 avec l’arrivée de l’hiver. Il ne sera donc pas fini en 2025.

Je pense aussi de plus en plus à devenir hybride et donc de soumettre de nouveau en ME afin de regagner en visibilité et crédibilité. Mais quoi ? Où ? Ce qui est sûr, c’est que je ne viserai que les grosses ME, celles qui m’apporteront potentiellement plus que ce que j’ai déjà en autoédition. Les doutes persistent sur le reste. BE MY BABY serait l’histoire qui pourrait être la plus propice au oui après les soumissions, seulement cela sous-entendrait de proposer 3 tomes. Trois tomes qui peuvent être sacrifiés si cela se passe mal une nouvelle fois. Je garde un souvenir amer de mon expérience raté avec mon 1er éditeur il y a 10 ans, donc cela ne m’enchante guère. Mais ai-je d’autres choix ? TOI SEUL(E) PEUT ME COMPRENDRE peut aussi avoir une chance, mais il est loin d’être fini et il peut avoir la longueur d’une duologie. J’ai aussi conscience des critères permettant une offre de contrat actuellement. Les sagas ne sont pas les mieux accueillies, les places sont chères et avoir une communauté de masse et active est devenu un facteur déterminant, or je n’entre pas dans les cases !

C’est pourquoi soumettre reste une possibilité avant d’envisager l’autoédition en second ressort. Aujourd’hui, je sais qu’un oui ne signifie pas un mauvais manuscrit. Les stats de mes webnovels le confirment.

 

Il est de toute façon encore trop tôt pour statuer. Je vais attendre d’avancer un peu plus dans l’année et voir l’avancée de mes écrits pour me décider à soumettre ou non. Dans tous les cas, le stock de tomes que je cumule en coulisses n’est qu’un avant-goût de ce que je pourrais éditer en 2026 et 2027. Je n’ai donc pas de pression particulière sur l’avenir, si ce n’est une volonté de renouer un peu plus avec le succès. J’ai des histoires à disposition. Reste à convaincre… encore et toujours.

 

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JTV8 – EXTRAIT 1

 

Aujourd’hui, je vous partage un petit extrait mettant en scène Sam et bien sûr Ethan qui va venir mettre son petit grain de sel. Je ne vous dévoile pas tout pour que vous puissiez découvrir par vous-même la suite une fois le livre dans vos mains, mais vous allez retrouver ce qui fait la bande d’amis ! ^^


 

 

— Ce tsunami devait arriver ! tempéra Oliver. Tôt ou tard, Ethan aurait dû lui parler. C’est vrai que ça ne tombe peut-être pas au meilleur moment, mais j’ai confiance. Ethan est obstiné et Kaya compatissante.

— Lui qui voulait la demander en mariage, ça risque d’être compliqué ! déclara Sam, tout en examinant son bout de fer avec minutie.

— Qui te dit qu’il ne le fait pas en cet instant ? sourit Barney, l’air malicieux.

— C’est vrai, Ethan a plus d’un tour dans son sac et avec Kaya, il peut déplacer des montagnes ! s’exclama Brigitte.

Elle se mit à rire.

— Quelle tête de mule !

Sam se pencha alors sur son épaule.

— Je vois que son entêtement te fait sourire. Il faut donc que je m’entête davantage également pour que tu me dises oui ?

Brigitte se figea et rougit.

— Qu… qu’est-ce que tu racontes ?! Cela n’a rien à voir avec nous !

— Bien sûr que si ! Tu refuses le mariage sous prétexte que c’est très bien comme ça ! Pour Millie, ce serait quand même plus pratique si on l’était !

— Pour Millie ? Donc, tu veux te marier uniquement pour son bien-être ?

Sam souffla et posa son coude sur la table. Au bout de sa main, il montra à Brigitte le bout de fer qu’il avait tordu pour en faire une bague.

— Je veux t’épouser parce que je t’aime ! Donc, c’est pour nous deux, mais aussi pour la famille que je fonde avec toi depuis l’arrivée de Millie. Alors, cesse de t’entêter par pitié et dis-moi oui !

— C’est ça, ta demande en mariage ? déclara alors Brigitte, d’un ton peu convaincu, même si ses joues ont rosi.

— Mon Dieu ! J’arrive pile au bon moment ! s’exclama Kaya, heureuse d’assister à un moment aussi émouvant. C’est trop mignon !

Ethan la rejoignit dans son dos et vit le prototype de bague dans les doigts de Sam.

— Putain ! C’est ça que j’essayais de faire tout à l’heure ! Tu as piqué mon idée, enflure !

Il fonça alors vers Sam, s’allongeant presque au-dessus de la table, pour récupérer son trésor.

— Pas touche ! C’est ma bague ! cria Sam, tout en se mettant en position de protection pour ne pas se faire dérober son trésor.

— J’étais dessus avant toi, voleur de bague !

— Tu parles, tu n’avais rien fabriqué avec, à part un truc difforme !

— J’ai été interrompu ! pesta Ethan, rageux.

— Eh bien, j’ai fait mieux que toi et je suis le premier à avoir fait ma déclaration, donc j’ai gagné !

Ethan serra les dents, peu enclin à capituler aussi facilement.

— Elle est pourrie, ta déclaration !

BB et Kaya firent un O. avec leur bouche. Oliver commença à rire sous sa main, Barney leva les yeux.

— Ah ouais ? Ben, vas-y ! Fais mieux que moi, puisque tu te crois aussi malin ! On verra de nous deux celui qui remporte le match ! rétorqua Sam, l’œil plein de défi, tout en se levant de sa chaise et prêt à entamer le duel.

— C’est une blague ? commenta alors BB, effarée par leur stupidité.

— Ils n’ont pas l’air de blaguer… répondit Kaya, tout aussi abasourdie.

— Je suis ton homme ! se gaussa Ethan, prêt à en découdre. On verra qui de nous deux est le plus fort !

 

 

Je te veux T8 : Toi. Uniquement toi – Chapitre 1

Je vous avais promis de vous l’offrir, en newsletter, en attendant d’avoir le reste. ❤︎

Attention ! Le chapitre est non corrigé !

©Jordane Cassidy – 2023


1

UNIS

 

 

Kaya ouvrit les yeux lentement. Une sensation de bien-être enveloppait son corps. Elle était dans sa chambre, dans son lit. Elle réalisa alors qu’elle n’avait aucun souvenir de comment elle avait atterri ici. Pourtant, très rapidement, elle sentit qu’elle n’était pas seule et sourit. Elle tourna légèrement la tête et comprit que le poids contre son dos était bien Ethan. Il la serrait dans ses bras et semblait dormir à poings fermés. Elle posa sa main sur la sienne, entourant sa taille, et sourit à nouveau. Pour la première fois depuis longtemps, elle était heureuse. Il n’y avait pas d’ombres entre eux, tout était paisible, empli d’une douceur chaleureuse qui lui faisait du bien. Elle regarda le soleil qui tentait de traverser les rideaux. Une légère bise passait à travers les fenêtres entrebâillées et déjà elle savait que cette journée allait s’annoncer chaude.

Ethan bougea soudain dans son dos et inspira un bon coup dans ses cheveux. Il sourit, heureux de trouver dans ses narines une odeur familière de shampooing.

— Coucou ! lui dit alors Kaya.

— Salut… répondit-il, la voix encore ensommeillée.

Il la serra un peu plus dans ses bras. Il adorait déjà son réveil.

— C’est bizarre, je n’ai pas souvenir d’être montée dans ma chambre ! lui avoue alors Kaya.

— Tu t’es endormie dans mes bras, lâcheuse ! Tu as compté trop d’étoiles visiblement.

— C’est qu’on est bien dans tes bras !

— Je vois ça ! lui répondit-il en déposant un baiser sur sa joue.

— Pardon de m’être endormie… Tu as dû être déçu que je te laisse seul dans ta contemplation du ciel… Tu devais espérer qu’on finisse la nuit autrement.

Il glissa son visage contre sa nuque.

— Tout ce qui compte, c’est que tu sois dans mes bras. Le reste n’a pas d’importance.

— Tu ne vas pas jouer le mec gentil qui accepte tout, je te préviens !

Ethan gloussa dans son cou.

— Et pourtant, je suis heureux, je t’assure ! Tu voudrais que je t’impose des choses, en mode connard de premier niveau ?

— Tu vas me faire croire que tu n’avais pas en tête qu’on couche ensemble pour nos retrouvailles peut-être ?

— Aaaaaah ! soupira Ethan en réponse. Si tu savais tout ce que j’ai en tête !

Il se mit à rire alors et embrassa les cheveux de Kaya.

— Mais mon impatience de toi est compensée par mon bonheur de t’avoir enfin retrouver. Tu m’as tellement manqué que le peu que j’ai de toi est déjà un grand bonheur. Je préfère ça à ton absence nette et définitive dans ma vie.

Kaya se tourna face à lui et passa ses bras autour de sa taille pour blottir sa tête contre son torse.

— Moi aussi, je suis heureuse d’être avec toi.

Elle se déporta un peu vers son visage et déposa ensuite un baiser sur sa bouche. Ethan la contempla et lui caressa les cheveux.

— Je veux passer ma vie à t’avoir dans mes bras, Kaya. Je te promets que je ferai tout pour être un mari irréprochable !

— Je n’en doute pas ! lui répondit-elle d’un petit sourire.

— Ah ? Donc c’est un oui ?

Kaya perdit son sourire devant l’air taquin, mais plein d’ambition de son amoureux.

— Non, ce n’est pas un oui.

— Kaya, tu vas m’obliger à passer à l’étape trois de mon plan !

— L’étape trois ? répéta-t-elle, tout à coup moins sûre de sa gentillesse.

— Je savais pertinemment que la première demande en mariage, serait retoquée par tes soins. La seconde, je m’en doutais également, tu es du genre têtue et ne cède jamais facilement. J’ai donc prévu le coup !

— Comment ça ? s’inquiéta tout à coup Kaya.

— J’en ai d’autres en stock, tout simplement. Je te ferai fléchir, Princesse ! Tu me diras oui tôt ou tard ! Peu importe le nombre de fois que je te demanderai en mariage, tu finiras par accepter !

L’oeil vif, Ethan sourit à Kaya, qui sentit déjà le duel usant s’annoncer pour résister à la tornade d’Ethan. Elle savait qu’il pouvait même enclencher son mode connard si c’était dans son intérêt et elle savait qu’à chaque refus, il se rapprocherait de cette voie. Elle soupira.

— Prépare-toi à une ribambelle de demandes en mariage, Princesse !

— Est-ce nécessaire ? Tu sais, deux demandes, c’est suffisant pour comprendre que tu veux passer à l’étape du mari. Je ne suis pas idiote !

— Non, tu ne l’es pas, effectivement ! Mais tu es bornée ! Avec toi, il faut insister !

— Je ne suis pas bornée !

— Si tu l’es !

— Non ! C’est toi qui t’obstines avec toutes tes demandes en mariage !

— Parce que tu refuses de dire oui du premier coup !

— J’ai encore le droit de dire non, il me semble !

— Oui, tout comme j’ai le droit de te demander en mariage autant de fois que je le souhaite !

Il lui décocha un large sourire auquel Kaya réagit par de l’agacement et le repoussa. Elle se leva alors du lit qu’elle contourna.

— Tu m’énerves ! Je vais faire pipi ! Attends-moi dans la cuisine, on va prendre le petit-déjeuner !

Ethan ricana tout en se laissa aller dans les draps avant de respirer un bon coup.

— Je t’aime, mon amour ! cria-t-il alors, amusé. Épouse-moi !

— Connard !

 

Il se leva à son tour, rassasié de cette salve de taquineries, et alla la retrouver dans le couloir à la sortie des toilettes. Il appuya son épaule contre le mur tout en croisant les bras et attendit sagement jusqu’à ce qu’elle apparaisse enfin devant lui.

— Chut ! lui ordonna Kaya, l’index levé en avertissement, après avoir refermé la porte des toilettes. Ne dis pas un mot !

Le sourire d’Ethan resta vissé sur son visage.

— Quel type d’alliance aimes-tu ? lui demanda-t-il, amusé.

Kaya râla tout en levant les yeux de désespoir face à l’irrécupérable et descendit au rez-de-chaussée. Ethan ferma les yeux avec ce goût merveilleux de la chamaillerie en bouche qui lui avait tant manqué. Il la rejoignit au bout de quelques minutes à la cuisine et s’assit sagement à la table. Après s’être lavé les mains, Kaya s’affaira à sortir tout ce qui pouvait faire office d’un petit déjeuner : confiture, miel, poudre cacao, jus d’orange, lait, brioche. La paume de la main sous son menton et le coude appuyé sur la table, Ethan la contempla en silence jusqu’à ce qu’elle se tourne vers lui.

— Que veux-tu manger pour le petit-déjeuner ? lui demanda-t-elle alors.

Ethan ne put s’empêcher de sourire.

— Toi, toute nue, sur la table, ça me va !

Kaya pencha la tête sur le côté, d’un air blasé.

— Je suis sérieuse ! lui répondit-elle, les mains sur les hanches.

— Moi aussi !

Il lui fit alors un signe de l’index pour lui signifier de venir près de lui. Kaya s’exécuta, bien que hésitante des suites qu’il souhaitait donner à cela. Il l’invita à s’asseoir à califourchon face à lui.

— Arrête de bouder ! lui somma gentiment Ethan, tout en embrassant le bout de son nez. J’ai besoin de te taquiner ! Ça aussi, ça m’a manqué !

— Je sais ! lui répondit Kaya d’une voix bougonne, tout en baissant les yeux. Mais tu m’énerves ! Tu as toujours la répartie pour gagner le duel.

— Hé hé ! J’avoue ! Ça sort tout seul ! Je suis tellement heureux de nos chamailleries que ça percute vite le cerveau, comme si un bouton s’enclenchait dès qu’il s’agit de te chercher la petite bête ! C’est tellement… jouissif !

Devant la mention de ce mot, Kaya esquissa un léger sourire et frappa légèrement son épaule.

— Je suis sûr que cela t’a manqué, à toi aussi ! lui chuchota-t-il alors, tout en cherchant à capter son regard.

Kaya le fixa alors et grimaça.

— Je préfère ça à ta tristesse… C’est sûr !

Elle posa ses mains sur son T-shirt, au niveau du torse, et caressa légèrement l’endroit où se trouvaient ses deux cicatrices, quand tout à coup, une idée angoissante lui traversa l’esprit.

— Rassure-moi… J’espère que, rongé par le désespoir, tu n’as pas recommencé durant cette année loin de moi ?!

Ethan regarda les mains de Kaya couvrant son torse et posa les siennes dessus.

— J’y ai songé plus d’une fois… Quand je ne supportais plus d’avoir un plâtre à la jambe, quand le détective m’a annoncé avoir fait chou blanc, quand ton absence devenait tellement lourde que ma poitrine brûlait…

Kaya serra les poings, consumée par la culpabilité. Ethan glissa alors leurs mains unies sous son T-shirt pour qu’elles le caressent, à même la peau. Elle en sentit les boursouflures et rugosités, et l’inquiétude la gagna un peu. Il posa alors son front contre la clavicule de Kaya.

— Je ne l’ai pas fait, Kaya ! Si je veux être digne de toi, te prouver que je peux être l’homme de ta vie et que tu peux compter sur moi, le premier des efforts que je devais fournir après ton départ était de respecter ma promesse de ne pas recommencer.

Les yeux de Kaya s’humidifièrent un peu.

— Je veux être l’homme sur qui tu puisses te reposer et non à propos de qui tu t’inquiètes parce que mentalement, ça ne va pas. Ton départ m’a fait comprendre combien je devais faire un gros travail sur moi pour ne plus que tu doutes de notre force à chacun à tenir debout et à résister aux bourrasques.

— Ne crois pas que je n’aime pas tes faiblesses, Ethan ! lui répondit-elle alors d’une petite voix.

— Je sais ! Mes faiblesses sont aussi une partie de moi que je dois accepter pour avancer. Cependant…, elles sont aussi un frein à notre relation. Nous avons été séparés à cause d’elles et je ne veux pas que cela se reproduise. Alors je ne les ai pas touchées ! Je te le promets ! Tu veux voir ?

Il lui offrit un sourire coquin tout en faisant tressauter ses sourcils. Kaya ne put s’empêcher de sourire à son tour devant sa fierté d’être devenu plus solide mentalement. Aujourd’hui, il ne redoutait plus ni de les montrer ni qu’elle les touche. Il retira alors son t-shirt et le laissa tomber par terre. Avec mélancolie, Kaya posa sur ses deux cicatrices ses doigts qui les longèrent d’un bout à l’autre.

— Tout le reste de mon corps veut bien être aussi touché par tes doigts ! lui susurra-t-il alors à l’oreille.

— Tu veux que je pose mes mains partout sur toi ? lui demanda-t-elle pour confirmation.

Ethan gémit à cette idée aux airs familiers.

— Je suis tout à toi, ma Princesse. Touche-moi partout !

 

Elle passa alors une main derrière sa nuque et le massa. Ethan ferma les yeux un instant avant de sentir les lèvres de sa princesse sur les siennes. Il la serra alors dans ses bras et se laissa aller à effleurer avec plus ou moins de force les lèvres de Kaya. Cette dernière glissa sa main dans ses cheveux pendant que l’autre restait posée sur la joue d’Ethan. Leurs langues se mêlèrent encore et encore, tandis qu’Ethan baladait ses mains sous le T-shirt de sa belle. Elle se décala néanmoins et se baissa pour embrasser ses cicatrices lentement. Ethan observa attentivement les lèvres de Kaya adoucir ses tourments. Son coeur battait fort, mais ce n’était pas par peur ou appréhension. Aujourd’hui, c’était par amour. Il sentait combien cela lui faisait un bien fou qu’elle presse sa bouche contre son mal, tel un baume qui faisait disparaître toutes les souffrances du passé. Son attention fut pourtant vite déviée lorsqu’elle se mit à genoux et entreprit de descendre encore en lui retirant son short long et ses sous-vêtements. L’étonnement teintée d’une certaine inquiétude devant la charge émotionnelle qui allait suivre vint perturber les battements de son coeur.

— Kaya… Tu es sûre de… Oh putain ! Merde ! Oui, t’es sûre !

Il laissa tomber sa tête en arrière tout en savourant les caresses buccales de sa partenaire sur son sexe. L’émotion et le désir se mélangèrent et accentuèrent le rythme de sa respiration et de ses gémissements. Il posa ses doigts dans les cheveux de Kaya, ne sachant s’il devait calmer son ardeur ou la laisser continuer jusqu’à l’extase. Un dilemme qui heurtait sa conscience face à sa déraison.

— Dis… Tu es sûre que je n’ai vraiment pas le droit de te dire «je t’aime» pendant un moment pareil ?

Il baissa les yeux vers Kaya, à genoux entre ses jambes. Elle faisait visiblement exprès de n’avoir rien entendu. Il sourit.

 — Épouse-moi, Kaya !

Immédiatement, Kaya se retira, choquée.

— Mais tu n’es pas croyable ! Tu ne peux pas me demander de t’épouser tout ça parce que je…

Elle montra son pénis au garde à vous et se mit à rougir. Il se mit à rire, fier de l’avoir encore prise au dépourvu.

— Je t’aime, mon amour ! Tu es la femme de ma vie !

— Ethaaan !

— Ben quoi ! C’est la vérité ! Et pas uniquement parce que tu me dévores tout cru !

— Je ne te dévore, je te…

Kaya se cacha le visage de ses mains, rouge de honte.

— Sous la douche ou dans la cuisine, n’importe où tu me feras de jolies gâteries, Kaya, je te promettrai la lune et te couvrirai de mots doux. Comment veux-tu qu’il n’en soit pas ainsi ?!

— Tu m’as coupé dans mon élan… Ne me regarde pas !

Ethan ricana, attendri par son attitude mignonne.

— Très bien ! C’est l’heure du petit-déjeuner ! s’exclama-t-il soudain.

Il la releva alors et la déposa, les fesses sur la table. Surprise de cette initiative, Kaya ne sut comment réagir à cette annonce. Sans attendre, Ethan souleva le long T-shirt de Kaya et le lui retira à son tour. Il l’obligea à s’allonger sur la table, au milieu de ce qui allait composer son repas. Il badigeonna alors ses seins d’un coup de cuillère dans le pot de confiture de fraise. Kaya se raidit devant la fraîcheur de l’aliment sur ses tétons.

— La fraise… Sur le corps d’une femme…

Il lui sourit alors, cherchant à vérifier si cette allusion faisait écho à Kaya.

— De ma femme ! se reprit-il, tout sourire. Tu sais le sucré et l’acidité… J’adore !

Il grogna d’avance de plaisir. Il prit ensuite le pot de miel et laissa le liquide couler le long de son ventre jusqu’à ses poils pubiens. Le regard carnassier d’Ethan fit augmenter l’appréhension de Kaya. Il prit ensuite une tranche de brioche et en mis un morceau dans la bouche de Kaya puis un dans la sienne tout en lui faisant un clin d’oeil avant de se saisir d’un de ses tétons. Kaya eut un sursaut de surprise à son mordillement léger au passage. Il avala ensuite le tout et inspira de satisfaction.

—J’adore prendre le petit-dej’ avec toi, chérie ! Cela a un goût particulier de reviens-y tout à fait hypnotique !

Il plongea aussitôt sur le second téton enrobé de confiture de fraise qu’il lécha, aspira et tortura un moment avant de gémir. Kaya ferma les yeux et se laissa aller volontiers à ses supplices. Si telle devait être sa punition pour l’avoir quitté, alors elle l’acceptait. Le châtiment était à la hauteur de son amant. Finalement, elle était heureuse de s’être endormie dans ses bras la veille pour commencer la matinée de telle manière. Elle sourit alors. Tandis qu’Ethan se léchait les lèvres pour ôter les dernières traces de confiture, elle se saisit de son index qu’elle plongea dans le pot de confiture, puis le mis à son doigt tout en le défiant du regard. Ethan bloqua alors sur son index qui coulissait désormais dans la bouche de sa belle.

— J’aurais peut-être dû te laisser un peu plus jouer avec…

Il lança un regard vers son sexe.

— Il n’y a pas de raison que tu sois le seul à prendre ton petit-déjeuner ! lui rétorqua-t-elle, provocatrice.

 

Sans attendre, il fonça sur ses lèvres, l’écrasant de tout son poids et étalant le miel sur leurs deux ventres. Le baiser était fougueux, avide. Leurs langues se retrouvaient à nouveau pour ne faire qu’une. Leurs mains dévalèrent les centimètres de peau de l’autre, friandes de s’approprier le corps convoité. Le désir décupla instantanément. Leur respiration s’emballa. Leur amour pour l’autre s’exprimait enfin concrètement. L’ardeur d’Ethan à embrasser sa petite amie ne trouvait plus de limites. Il pouvait enfin exprimer ce qu’il retenait depuis un an en lui. Leurs salives coulaient du coin de leur bouche, incapables de maîtriser le bouillonnement fébrile qui les rattrapait et les noyait en une vague de chaleur volcanique. Sans plus de cérémonie, Ethan quitta la bouche de Kaya et laissa traîner sa langue sur son ventre, accumulant le miel dessus avant de revenir dans la bouche de Kaya pour partager sa récolte que cette dernière accepta sans résistance. Leur baiser au goût de miel les fit sourire, aimant cette complicité naissant de trois fois rien. Telle une abeille, Ethan recommença son expédition et récolta sur sa langue son butin sucré sur le ventre de Kaya, mais au lieu de lui redonner une partie de sa moisson, il descendit un peu plus bas pour s’attarder entre les cuisses de son amante. Kaya lâcha un spasme de surprise en sentant sa langue taquiner son clitoris avant de gémir et se cambrer pour lui donner le meilleur accès possible. Ethan la lécha encore et encore, cherchant le geste, la posture, le mouvement pouvant la faire décoller et atteindre l’orgasme, mais ce fut le rythme de plus en plus saccadé de sa respiration qui lui indiqua qu’il était proche du point culminant.

Kaya se tordit dans un spasme d’extase exprimé dans un gémissement étranglé par le plaisir. La contempler ainsi, livrée entièrement à lui et à ce qu’il voulait bien faire d’elle, exacerba davantage le désir propre d’Ethan à la faire sienne.

— Viens vite ! lui murmura-t-elle alors.

Il se redressa alors et la pénétra. Une immersion aux allures de retour au bercail lui faisant un bien immense. Kaya se cambra encore, offerte à ses coups de reins. Les yeux brillants de désir, Ethan glissa ses bras sous les genoux de Kaya pour mieux la ramener à lui à chaque coup de reins.

— Dommage ! Je n’ai pas de chantilly ! lui chuchota-t-elle.

— Tu mériterais plutôt une punition pour avoir osé sortir le cacao alors que je déteste le chocolat !

— Oups !

Tout à coup, Ethan se retira et la redressa pour changer de position et la prendre en levrette debout. Il plaqua son ventre contre la table et retourna à la charge. Le changement de position leur offrit une nouvelle sensation qui grisa Ethan. Les coups s’enchaînèrent à nouveau. Il se pencha sur elle au bout de quelques minutes.

— Peut-être que je devrais arrêter… C’est peut-être trop d’un coup à tes yeux ?!

— Dis plutôt que tu cherches une excuse pour ne pas craquer trop rapidement.

Ethan se redressa et claqua une de ses fesses en réponse.

— Aaahooo ! cria Kaya, sous la légère brûlure que la claque lui avait laissé sur la peau.

— Impertinente ! Sais-tu que je compte faire cela toute la journée ? J’ai des mois d’abstinence à rattraper, je te rappelle !

Kaya tourna la tête pour voir le visage de son amant par-dessus son épaule et vérifier s’il plaisantait, puis regarda à nouveau les aliments autour d’elle.

— Il va peut-être falloir sortir plus de carburant dans ce cas !

Un énorme sourire se dessina sur le visage d’Ethan.

— Et en plus, elle ne dit pas non ! Putain, Kaya, épouse-moi !

LOMCTR T3 : Le coeur ou la raison – chapitre 3

Taïkan, ou comment réveiller la jalousie d’un homme ! ^^

 

©Jordane Cassidy – 2023


3

Un grain dans le rouage.

 

 

— Duc Callistar ! Quelle surprise ! Nous n’attendions pas votre venue ! Si nous avions su, nous aurions…

— Vous auriez quoi ? Caché des choses de ma vue ?

Venant à lui, Fergus de Middenhall regarda Callum Callistar d’un air hébété devant son ton suspicieux et un poil agressif, puis s’arrêta.

— Pas du tout ! C’est avec plaisir et sans désagrément que nous accueillons votre visite. Vous êtes le mari de ma fille, vous êtes ici comme chez vous. Seulement, nous aurions pu mieux préparer votre arrivée afin que vous trouviez rapidement votre confort !

Callum lança un regard torve à son beau-père avant de tendre les rênes de Kharis à un serviteur.

— Comment va votre épouse ? se radoucit légèrement le Duc.

— Mieux ! Elle garde encore le lit, mais elle va beaucoup mieux. La présence d’Aélis a aidé à son rétablissement. Le départ de sa fille pour Althéa lui a mis un coup au moral, je pense, et sa blessure lors du mariage n’a rien arrangé à son inquiétude de la laisser avec vous. La venue d’Aélis l’a rassurée.

Fergus de Middenhall invita le Duc à le suivre à travers les couloirs du domaine. Callum observa attentivement la demeure d’enfance d’Aélis. Chaque détail avait son importance pour l’aider à mieux comprendre sa femme et trouver des indices pour le bon déroulement de son enquête sur l’identité de la fillette qu’il avait sauvée. Fergus le conduisit dans une grande salle.

— Vous devez être fatigué. Nous allons vous servir à boire, ainsi qu’une collation.

— Je souhaiterais voir ma femme immédiatement.

Fergus le fixa un instant, devant son air impassible.

— Oui… Suis-je bête ! Cela peut se comprendre qu’elle vous ait manqué, à vous aussi.

Callum se trouva légèrement gêné par cette déduction pour le moins impudique. Fergus l’invita à le suivre.

— Elle était tout à l’heure dans le jardin avec Taïkan.

À la mention de ce nom, Callum se raidit et s’arrêta. Il l’avait déjà entendu et ce n’était pas à son avantage.

— Un problème, Duc Callistar ?

Une sourde colère le gagnait. Alors qu’il l’attendait à Althéa, elle batifolait dans les jardins de la maison familiale avec son ex.

— Non, allons-y.

Les deux hommes traversèrent deux pièces avant d’arriver vers les jardins derrière le domaine. Il aperçut alors Aélis au loin en train de rire avec ce fameux Taïkan. Sa mâchoire se serra.

Aélis remarqua l’agitation à l’entrée du jardin et son sourire s’effaça à la vue de son mari. Elle jeta rapidement un regard vers Taïkan et tenta de paraître normale, devinant que la rencontre risquait d’être tendue.

— Regarde qui est venu nous rendre visite, Aélis ! Ton mari ! s’exclama joyeusement Fergus de Middenhall.

— Que… faites-vous ici ? lui demanda-t-elle alors, non sans cacher sa surprise et oubliant les salutations.

— Ma présence vous dérange ? lui répondit durement le Duc, constatant son manque d’enthousiasme à le retrouver.

— Pas… pas du tout ! le contredit-elle. Seulement, je ne m’attendais pas à une visite-surprise. Vous n’avez pas annoncé votre arrivée, il me semble.

— Et je vois que je fais bien de venir ici à l’improviste.

Callum jeta un regard noir à Taïkan, qui lui répondit visiblement par le sien. Si Callum ne semblait pas ravi de le voir auprès de sa femme, il en était de même pour Taïkan qui n’aimait pas l’idée de voir le mari d’Aélis venir s’immiscer dans leur discussion. Aélis se reprit et tenta de calmer les choses en agissant en femme civilisée.

— Duc Callistar, voici…

— Taïkan ! la coupa sèchement le Duc. Je sais.

Taïkan sourit, heureux de constater que sa réputation était venue jusqu’aux oreilles du Duc.

— Taïkan, voici mon mari, le Duc Call…

— J’avais compris ! la coupa Taïkan, aussi discourtois que tranchant. Difficile de ne pas s’en douter !

Callum serra le poing. La remarque était une déclaration de guerre évidente. Il s’esclaffa alors.

— Et moi je comprends mieux certaines confidences que ma femme m’a faites à votre sujet !

Taïkan dévisagea alors Aélis, qui leva les yeux au ciel. Elle passa son bras sous celui de son mari et l’emmena plus loin, pour une discussion plus privée.

— Excuse-moi, Taïkan, mais je crois que j’ai besoin de m’entretenir avec mon mari immédiatement !

Callum se laissa traîner par sa femme à plusieurs mètres de là, avec un petit sourire de vainqueur qu’il ne cacha pas à son ennemi. Une fois loin des regards indiscrets, Aélis se posta devant lui.

— À quoi vous jouez ? l’invectiva-t-elle.

— Je peux vous retourner la question ! lui répondit Callum, tout en croisant ses bras.

— Je vous demande pardon ?

— Quand le chat n’est pas là, les souris dansent. Je vois que, finalement, ce que vous m’aviez confié sur lui et vos sentiments à son égard n’étaient que mensonges pour m’amadouer !

— Quoi ?! Je ne mens pas ! Qu’est-ce que vous insinuez ?!

Callum jeta un regard au loin, où attendait son rival.

— Vous semblez préférer passer du temps ici avec lui que de rentrer à Althéa pour le passer avec moi !

— Mais pas du tout ! Ma mère est encore convalescente.

— Votre père m’a dit qu’elle allait mieux.

— Mieux ne veut pas dire qu’elle est totalement guérie !

— Et donc si sa convalescence prenait plusieurs années, vous me snoberiez tout ce temps ?

— Mais bien sûr que non ! objecta Aélis, agacée par ces accusations sans fondements.

Callum campa un peu plus sur sa position.

— Je vois que je suis le seul à m’inquiéter et à éprouver un manque. C’est presque risible tant c’est navrant…

Callum s’agita, nerveux.

— Vos suppositions sont fausses ! s’emporta Aélis. Bien évidemment que vous m’avez aussi… manqué.

Aélis se rendit compte de la portée de ses derniers mots et rougit.

— Vraiment ? insista alors Callum, sceptique.

Callum décroisa ses bras et jeta un nouveau regard au loin vers Taïkan qui patientait toujours. Sans attendre, il attrapa Aélis par la taille.

— Montre-moi combien je t’ai manqué, Aélis ! lui chuchota-t-il alors, droit dans les yeux.

Aélis se mit à rougir plus franchement et se trouva mal à l’aise. Elle avait l’impression qu’il cherchait plus à réaffirmer qu’elle était sa propriété devant Taïkan, qu’une réelle envie de rapprochement entre eux.

— Lâchez-moi ! le repoussa-t-elle alors. Ce n’est ni l’endroit ni le moment ! Êtes-vous obligé de vous montrer en spectacle de la sorte ? Je vous ai déjà dit que vous manquez de pudeur !

— Il n’y a pas besoin d’endroit ou de moments pour dire ce qu’on ressent… Je vous ai déjà aussi répondu la même remarque ! Et le spectacle est pour celui qui trouve un intérêt malsain à nous regarder !

Il jeta un nouveau regard derrière Aélis en direction de Taïkan, puis la relâcha, amer.

— Cela vous gêne donc autant que l’on s’affiche comme un couple devant lui ?

Aélis fronça les sourcils.

— Je ne crois pas avoir besoin de leçon de votre part. Vous n’étiez pas gêné pour vous afficher en public avec l’Intendante au banquet que j’avais préparé à votre retour, au point de la conduire dans les écuries ! Ce n’est pas parce que je suis devenue votre épouse que je ne dois pas considérer avec respect les sentiments de Taïkan à mon égard et lui infliger une peine supplémentaire en restant dans vos bras.

— Oooh ! Le pauvre petit, il ne faut pas heurter sa sensibilité !

— Tout comme je dois composer avec la mienne concernant l’Intendante  ! Je sais ce que cela fait !

Aélis croisa les bras à son tour. Callum s’enhardit.

— Sauf qu’aujourd’hui, Ysalis n’est plus au château !

Aélis laissa retomber ses bras de surprise.

— Quoi ?

— Je l’ai virée !

La stupéfaction gagna le visage d’Aélis.

— Mais qui va la remplacer ?

— Il n’y a donc que cela qui vous vient en tête quand je vous annonce que j’ai congédié mon ex ?

Aélis se mit à rougir légèrement, embarrassée.

— Le devenir d’Althéa est plus important que mes problèmes personnels… C’est ce qu’on attend d’une duchesse, non ?

— Je suis justement venue chercher sa remplaçante !

— Ici ? s’étonna un peu plus Aélis. À Piléa ?

— Ici. À Piléa !

Interloquée, Aélis se demanda qui pouvait être à la hauteur de la tâche. Callum en sourit.

— Pour éviter toute histoire, le mieux serait que ma femme prenne le relais ! Elle n’aura plus à se préoccuper d’une réticence, d’un bras de fer et de l’aide d’un tiers pour obtenir gain de cause…

Aélis releva la tête vers lui, choquée, mais aussi perdue.

— Moi ? Intendante ? Mais je suis déjà Duchesse, je ne peux pas…

Callum se rapprocha lentement d’elle et lui attrapa le bout des doigts.

— Tu as déjà pris l’initiative de régler certaines affaires courantes en mon absence et certains travaux. Tu peux prendre sa place.

À la fois gênée et reconnaissante, la jeune femme gesticula dans tous les sens, peu assurée de savoir si c’était la bonne option. Callum la rassura alors.

— On fait un test et on voit si ça passe… Sinon on avisera pour chercher quelqu’un.

Aélis se trouva perturbée par cette double annonce. Elle pouvait reconnaître que le geste de Callum était touchant et plein d’attention à son égard, mais la tâche lui semblait énorme à gérer.

— Oui… On peut faire le test…

Elle lui sourit alors, plus radoucie, même si elle doutait encore de ses capacités à tenir ce rôle. Elle serra ses doigts dans ceux de son mari.

— Mais bon, cela est valable uniquement si ma femme daigne rentrer à Piléa plutôt que de flirter avec son ex !

Callum afficha alors un visage narquois devant lequel Aélis ne cacha pas son indignation et en vint à poser ses poings sur ses hanches d’exaspération.

— Je ne flirte pas avec lui !

— Mais vous ne me laissez pas vous embrasser devant lui.

— Je ne vois pas l’intérêt de le narguer. Vous n’êtes qu’un enfant qui a peur qu’on lui vole son jouet. Vous êtes ridicule !

— Ridicule ? Je devrais faire un grand sourire ravi de vous retrouver en compagnie de votre ex, en train de rire alors que vous-même vous n’aimiez pas me voir tourner autour d’Ysalis ? Et je joue les gamins ? Très bien ! Dans ce cas, restez avec lui, puisque ma réaction vous indiffère au point de camper sur vos positions !

Callum tourna les talons, très énervé, et quitta le jardin. La chute de cette discussion déstabilisa Aélis qui ne sut quelle attitude adopter, avant de finalement s’agacer de son comportement jaloux.

— Très bien ! Puisque vous le prenez ainsi ! Bon vent ! lui cria-t-elle dans son dos.

— Ouais, je m’en vais trouver une intendante ! Peut-être même une nouvelle amante !

Il lui fit un signe d’au revoir de la main et disparut. Aélis grogna de colère et tapa du pied dans l’herbe. Au loin, Taïkan observa avec perplexité le départ de Callum plutôt tendu et la réaction agacée d’Aélis. Il alla la retrouver.

— Aélis, est-ce que ça va ?

Elle hésita à lui répondre. Il était en partie responsable du désaccord qu’elle avait avec son mari.

— On ne peut mieux !

Callum traversa les couloirs d’un pas pressé. Sa rage augmentait avec les pas qu’il multipliait. Il pensait avoir été suffisamment patient et compréhensif, il avait même fait preuve de confiance en lui proposant ce poste, mais rien ne semblait lui faire comprendre que son attitude restait équivoque.

— Duc Callistar, vous revoilà ? Où allez-vous ? lui demanda alors Fergus qui le croisa par hasard.

— Je rentre à Althéa. Je réalise la mauvaise idée d’avoir laissé mon fief pour une femme !

Fergus tiqua en devinant que sa fille était la femme en question. Et au vu de son agacement, le couple était en froid.

— Vous n’allez pas partir maintenant. Restez au moins pour le diner ! lui cria-t-il alors qu’il se trouvait déjà plusieurs mètres plus loin.

Callum quitta le domaine sans plus de considération pour le maître des lieux et alla chercher son cheval. Il tomba alors nez à nez avec Nimaï et Sampa.

— Mon… Mon commandant ! Que faites-vous ici ?! demanda alors Nimaï tout en posant le genou pour le saluer.

Main droite posée fièrement sur le cœur et l’autre dans le dos, Sampa le salua fièrement.

— Mes respects, Duc Callistar.

Callum observa un instant l’un, trop lèche-bottes, et l’autre, trop peu soumis à son goût. Il leva les yeux et monta en selle.

— Je rentre à Althéa.

— Vous êtes venu voir la Duchesse ? l’interrogea Nimaï tout en se relevant.

— Et visiblement, le plaisir n’était pas réciproque ! grommela Callum doucement entre ses dents. Vous devriez surveiller un peu plus votre maîtresse ! reprit-il plus haut. Que faites-vous là ?! Je ne vous ai pas envoyé la suivre pour que vous restiez à l’extérieur du domaine.

— Nous sommes allés recueillir des témoignages d’habitants des alentours… lui indiqua Sampa. Il semblerait qu’un troll perturbe leur tranquillité. Nous sommes allés nous assurer de ces dires et vérifier s’il n’y avait pas un danger direct pour la Duchesse et sa famille.

— Un troll, tu dis ? Ils restent pourtant à l’écart des humains, en général.

— Celui-ci aurait une attitude belliqueuse, voire enragée… continua Nimaï. Il aurait détruit des récoltes et le bien de certains habitants. Ce descriptif n’est pas dans les habitudes des trolls. C’est pourquoi nous sommes partis chercher des informations plus concrètes et déterminer les risques pour la Duchesse.

— Et qu’avez-vous recueilli comme renseignements ?

— Il a sévi hier sur le nord de Piléa et aurait provoqué une panique au sein des habitants avant de repartir ! lui révéla Sampa. Nous venions rendre compte à la Duchesse de nos dernières avancées avant de savoir si nous devions aller plus loin en allant à sa rencontre pour le neutraliser.

Le Duc Callistar évalua la situation un instant, puis avisa de la valeur de ses deux soldats, avant de statuer.

— On y va !

Les deux soldats se regardèrent, surpris par l’annonce du Duc.

— Maintenant ? demanda alors Nimaï.

— Maintenant ! confirma Callum. Prenez vos chevaux !

— Nous devons en toucher un mot à la Duchesse ! l’interpella Sampa. Nos ordres viennent d’elle.

La remarque de Sampa fit voir rouge au Duc. Son corps se raidit et il leur jeta un regard dur, signe manifeste de son agacement à voir son ordre discuté.

— Je ne suis pas d’humeur à discuter commandement. J’ai dit : « on y va ! »

Ne souhaitant croiser une nouvelle fois le fer avec le Duc, Nimaï consulta silencieusement l’avis de Sampa qui se montra tracassé à devoir encore composer avec l’impossibilité du couple ducal à trouver un terrain d’entente concernant le commandement de la garde personnelle de la Duchesse. Nimaï haussa les épaules, puis alla chercher son cheval. Sampa fixa le Duc qui ne lâcha pas son regard défiant.

— Tu comptes rester là à me provoquer ? lui fit alors remarquer le Duc.

— Il est préférable qu’un de nous deux reste, au cas où le troll aurait changé sa trajectoire et viendrait par ici. Cela tempèrera aussi l’agacement de ma maîtresse à vous voir réquisitionner ses deux soldats sans sa permission.

— Toi, un jour, je trancherai ta gorge… vociféra Callum.

— Il faut bien mourir un jour… lui répondit Sampa, avec un petit sourire.

Il quitta alors le Duc et entra dans le domaine. Nimaï le retrouva avec son cheval.

— Je suis prêt, Commandant ! Allons-y !

 

LOMCTR T3 : Le coeur ou la raison – chapitre 2

Callum part à Pilea et il n’est pas au bout de ses surprises ! ^^

 

©Jordane Cassidy – 2023


=> Chapitre 3


 

 

2

Savoir attendre,

c’est savoir jusqu’à quand l’impatience nous gagne !

 

— Alors ? Comment s’est passée cette nouvelle nuit ?

— Comme toutes les précédentes… D’un calme surprenant.

Finley se posta dans le dos de Mills qui regardait au loin le Duc, assis en tailleur sur la pelouse du jardin, en train de méditer.

— Ce n’est pas normal ! s’inquiéta Finley. Nous savons que le démon est toujours en lui. Alors pourquoi ne se manifeste-t-il plus ? Pourquoi les ténèbres ne viennent-elles plus perturber son sommeil ?

Mills laissa aller son regard à la contemplation du Duc, malgré les inquiétudes de Finley.

— C’est une question à laquelle visiblement personne n’a la réponse. Pas même le principal intéressé.

Finley grimaça.

— Edern a visité son plan astral ?

— Le Grand Gardien le lui a fortement déconseillé, en sachant qui est son ennemi si elle venait à le rencontrer. Une attaque frontale n’est pas souhaitable si on veut préserver cette paix, même temporaire, avec le démon. Le mieux à faire, c’est de laisser ce démon tranquille, tant qu’il accepte de laisser le Duc dans cet état et qu’il ne déclenche pas de guerre.

— Et la méditation donne quoi, d’après vous ?

— Je l’ignore également. Le Duc reste silencieux depuis, même concernant ses méditations. Est-ce qu’il arrive à rentrer en communication avec lui ou non ? Est-ce que ce sont ces méditations qui entrainent ces nuits plus ensommeillées ? Je pense que lui-même attend d’en savoir plus pour confirmer ou infirmer quoi que ce soit.

Finley observa Callum Callistar au loin.

— C’est bizarre… Il devrait broyer du noir un minimum ; la Duchesse n’est toujours pas revenue à Althéa et nous n’avons pas beaucoup de nouvelles. Ne lui manque-t-elle pas au point de ruminer et faire croître les ténèbres en lui ?

— Ooooh ! Je pense qu’elle lui manque, mais il essaie d’en faire abstraction… en méditant !

Mills se mit à glousser. Finley esquissa un sourire à sa boutade.

Assis en tailleur, Callum laissa retomber son dos contre la pelouse, dans un grand soupir de lassitude. Il avait beau essayer, il n’y arrivait pas. Entrer en contact avec Noctis semblait compliqué. Il ignorait comment faire, par quel chemin passer. Demander une aide extérieure était exclue afin de ne pas mettre les autres en danger. Noctis était un démon plutôt susceptible ; il ne fallait pas le provoquer inutilement. Comment Noctis l’accueillerait-il s’il venait à entrer en contact avec lui dans son plan astral ? Il savait que la méditation permettait d’atteindre un certain niveau de lévitation de la pensée. Même s’il n’était pas le plus confirmé des pratiquants, il n’avait que cette voie pour l’instant pour lui parler. Mais plus il essayait, moins il arrivait à laisser son esprit sortir de son corps.

Mais avait-il le choix ? Apprendre son existence avait changé un peu la donne sur qui il était. Des questions avaient fini par lui traverser l’esprit, des demandes d’explications devenaient nécessaires pour soulager sa conscience, mais aussi celle des autres. Dans un sens, il comprenait Aélis et son sentiment d’exclusion et d’angoisse à être vue comme dangereuse et différente à cause de la Protectrice. La révélation de ce démon de premier ordre n’avait qu’aiguisé davantage la méfiance de ceux qui l’entouraient. Il ne s’était jamais autant senti comme une bête sauvage à mettre sous haute protection. Même s’il les comprenait, cela l’agaçait. Il voulait rassurer tout le monde, mais il n’en trouvait pour l’instant pas les moyens. Il ressentait le besoin de combler ses doutes par des réponses, mais en même temps, il craignait aussi cette discussion avec son autre soi.

Allongé sur l’herbe, il sortit alors sa pierre translucide accrochée à son cou et la contempla. Pouvait-elle aussi le protéger de ce démon ? Il ne l’avait pas portée la nuit où le démon était apparu. Il devait alors se dévêtir de tout objet parasite pour que les actes du Conseil Magique ce soir-là ne soient pas brouillés. Mais Noctis était apparu. Aurait-il finalisé sa transformation si cette pierre avait été à son cou ?

Il souffla. Ces incertitudes le minaient, mais bizarrement, ces pensées lugubres ne semblaient pas l’affecter comme à son habitude. C’était comme si le démon avait grillé tout son stock d’énergie négative en apparaissant, comme si les réserves étaient tellement basses qu’il pouvait presque croire qu’il était un chevalier comme les autres avec un parfait équilibre entre le bien et le mal en lui. Il n’y avait plus ce sentiment de débordement imminent des ondes négatives. Lui-même avait du mal à croire en cette libération. Il pensait plutôt que ce n’était pas de bon augure.

— Vous semblez bien pensif !

Callum entendit alors Mills se rapprocher de lui.

— La question est de savoir à quoi, ou plutôt à qui vous pensez ! continua le chambellan.

Le sourire affable de Mills fit lever les yeux de Callum.

— Mais je pense bien évidemment à vous, cher Mills ! lui répondit le Duc, sarcastique.

— Vous me flattez, cher Duc ! Et pourquoi moi ?

— Je me demandais si vous seriez capable de vous battre contre le démon en moi s’il venait à ressortir et à être dangereux.

Mills regarda le kiosque au loin, d’un air pensif.

— Difficile de dire qui peut avoir cette capacité, hormis la Protectrice. Le Grand Gardien actuel a pris de gros risques en se confrontant à un être de ce niveau. Même s’il est judicieux de penser qu’il serait le plus apte à rivaliser avec lui, nous n’avons pas suffisamment de données sur ce démon légendaire pour contrecarrer sa toute-puissance et le battre. Les registres du Conseil Magique nous ont donné de bonnes informations, mais pas autant que nous l’aurions souhaité. Face à un démon de cette envergure, il est logique que nous ayons peu de témoignages. Je pense que ce démon n’a eu besoin d’exprimer toute sa force qu’en de rares occasions et il est aisé de penser que ces rares occasions ont eu lieu en présence de la Protectrice. Malheureusement, les témoignages n’ont pu être tous relatés et collectés, si leur puissance respective était telle que tout pouvait être détruit à des kilomètres à la ronde.

Mills constata l’air un peu abattu du Duc.

— Mais ne vous inquiétez pas. Avec ou sans sceau, nous trouverons un moyen de ne pas exacerber sa colère… enfin, s’il réapparait !

— Il attend la venue de la Protectrice. Il a vu Aélis, il a senti qu’elle était en elle. Il réapparaitra tôt ou tard.

— Oui, il semblerait que beaucoup de monde attende son retour…, mais personnellement, j’attends davantage le retour de notre Duchesse ! Pas vous ?

— Il est indéniable qu’elle sait se faire désirer ! rétorqua Callum, sur un ton cynique.

— Il ne peut en être autrement de la Duchesse d’Althéa ! s’en amusa Mills.

— Ce qui me soulage, c’est que tant qu’elle est loin de moi, un affrontement entre nos alter ego est repoussé.

— Allons ! Vous ne pouvez vous satisfaire d’une séparation avec pour excuse la fin du monde ! Tout cela ne doit pas interférer avec votre vie de couple… Et puis, qui vous dit que le danger ne viendra pas d’ailleurs, comme avec ces voleurs de pierres ?!

— Elle est partie avec sa garde personnelle… J’ose espérer que cela suffira à sa protection.

— Moui… répondit Mills, plutôt alarmant. C’est quand même bizarre qu’elle ne soit déjà pas rentrée à Althéa. Si j’avais été à votre place, cela aurait fait longtemps que je me serai rendu à Piléa !

Callum se leva alors.

— Oui, mais vous n’êtes pas moi !

— Fort heureusement ! Je vous laisse votre démon légendaire !

Mills frissonna tout en restant moqueur, puis se tourna pour retrouver le château.

— Tu parles, il en jubilerait, le vieux bougre ! marmonna Callum, pour lui-même.

— Les rideaux que Dame Aélis a commandé à la fête aux tissus d’Azorina ont été posés pour remplacer les anciens. Quel dommage ! Elle ne peut même pas les voir de là où elle se trouve !

Mills lâcha un gros soupir déçu avant de quitter le Duc, peu dupe du message de son chambellan.

— C’est bon ! Je vais à Piléa ! J’ai compris !

Mills se rendit dans sa chambre et passa sa main devant un miroir. Le visage du Grand Gardien apparut.

— Toujours aucune nouvelle de l’un ou de l’autre ?

— Non… répondit Mills. La Duchesse n’est toujours pas rentrée de Piléa. Quant au Duc, son silence est assez surprenant. Il pourrait creuser davantage le sujet du démon qu’il abrite à travers des questions qu’il pourrait me poser ou à travers des livres, mais il n’en fait rien. C’est comme s’il se refusait d’avoir un jugement basé sur des « on-dit » et qu’il préférait avoir un regard neutre et faire sa propre enquête sur le sujet.

— Vous pensez qu’il ne nous dit pas tout sur son lien avec le démon.

— Il n’arrive pas à le trouver par la méditation. Je pense que, même si beaucoup de questions le taraudent, il sent un lien instinctif avec Noctis qui le pousse à agir ainsi. Avez-vous une idée de la dernière confrontation de Noctis avec la Protectrice ?

— Nous n’avons pour l’instant qu’un texte datant d’il y a cinq siècles. Rien ne nous dit qu’ils ne se sont pas revus après.

Mills demeura songeur. Le Grand Gardien continua.

— De même, j’ai beau essayer de chercher une raison, je ne vois pas pourquoi un démon légendaire irait se cacher dans le corps d’un bébé.

— C’est aussi ce qui m’intrigue. Une possession implique des sacrifices de la part des deux parties. Un démon légendaire n’a aucun ennemi suffisamment effrayant pour choisir de se cacher dans un humain, au risque de perdre une partie de sa puissance par l’acte de possession. C’est ce que je n’arrive pas à comprendre. J’en viens à penser qu’il ne l’a peut-être pas fait volontairement.

— Tu penses qu’on l’a enfermé volontairement dans le corps de Callum bébé ? Cela impliquerait un grand pouvoir magique de la part de celui qui a fait l’incantation pour jeter le sort de possession… Ce serait alors un mage ? Quel mage aurait une telle puissance si ce n’est ni toi ni moi ?

— Je l’ignore… Beaucoup d’éléments sont encore hors de notre portée… Gardons notre vigilance pour le moment et continuons à explorer un maximum de pistes.

Le Grand Gardien acquiesça d’un signe de tête et Mills effaça son visage du miroir en cuivre d’un nouveau geste de la main. Il soupira et sortit de sa chambre avec une certaine inquiétude. Il n’y avait rien de pire que l’inconnu, sans pistes tangibles pouvant aider à avancer.

Il nettoyait alors ses petites lunettes lorsque Cléry arriva en trombe au château.

— Bien le bonjour Cléry ! Que nous vaut cette visite… dans un tel état ?

Mills l’examina de la tête aux pieds. Le prêtre était recouvert de terre.

— Doux Jésus ! Que vous est-il arrivé ?!

— Est-ce que le Duc est dans les parages ? demanda alors le prêtre, faisant fi de son apparence déplorable.

Mills regarda son camarade avec curiosité.

— Vous souhaitez emprunter la salle du grand bain ? lui rétorqua alors Mills.

Cléry soupira et jeta un œil à sa tenue.

— Pardon pour cette présentation pour le moins pittoresque pour un homme de mon rang.

Cléry resta pour autant absorbé par l’objet de sa venue.

— Est-il là ?

— Non. Il vient de partir pour Piléa.

— Seul ?

— Oui.

L’air tracassé du prêtre ne fit qu’agrandir l’intrigue du chambellan autour de sa venue.

— Je ne suis que chambellan, mais je peux peut-être vous aider ?!

Cléry considéra la proposition de Mills un instant et souffla.

— Mills, vous êtes plus qu’un chambellan, voyons ! Avons-nous un registre des anciens occupants du château et un historique de ce qui a pu s’y passer ?

Mills se mit à réfléchir.

— Possible, oui. Ce serait soit dans la bibliothèque, soit dans le bureau du Duc, dans tous les cas.

Sans attendre, Cléry se rendit à la bibliothèque. Mills lui emboîta le pas, bien résolu à comprendre quelle mouche avait piqué Cléry. Une fois dans la bibliothèque, le prêtre commença à chercher ce fameux registre. Mills l’y aida en silence jusqu’à ce qu’il fasse une bonne pioche au bout de plusieurs minutes.

— Le voilà ! s’exclama-t-il.

Cléry se précipita dessus et l’ouvrit, cherchant tout d’abord la généalogie des Averhill.

— Pourriez-vous me dire ce que vous cherchez ? Ne me laissez pas dans l’ignorance, cher ami ! C’est très déplaisant !

— Pardon, Mills. La tombe de la jeune Duchesse Averhill a été violée. On a pris son cercueil.

— Quoi ? s’exclama Mills, abasourdi par cette nouvelle bien mystérieuse. Vous êtes en train de me dire que sa dépouille a disparu.

Cléry acquiesça de la tête.

— Qui pourrait vouloir voler les ossements d’une défunte si importante pour Althéa ?

— C’est ce que j’essaie de déterminer en venant ici et en cherchant d’éventuels indices sur sa famille en premier lieu.

— Il ne me semble pas qu’il y en ait des membres de la famille encore vivants, sinon Althéa aurait eu un héritier à la mort du Duc Averhill. Or, le Roi a mis Althéa en régence par le Général Fritz.

— C’est vrai. Le gardien du cimetière m’a dit qu’elle était morte en couches. Or, jusqu’à preuve du contraire, une femme ne fait pas un bébé seule. Elle avait forcément un amant. La disparition du cercueil peut venir de là…

Il tourna les pages et tomba sur la généalogie. Mais quelle ne fut pas leur surprise en constatant que la généalogie indiquait bien les parents Averhill dont la mère était disparue il y a longtemps, leur fille Ilina Averhill avec sa date de décès, un trait sur sa gauche pour lui attribuer une filiation sans doute maritale à un homme dont le nom n’était pas indiqué, avec la naissance d’un bébé, issu des deux, décédé à la naissance.

— Comment est-ce possible que le registre ne mentionne pas le nom du père ? fit remarquer Mills, circonspect.

— Mais surtout pour quelle raison n’était-il pas mentionné ? ajouta gravement Cléry.

— Est-ce que cela signifie qu’on a caché délibérément son identité ? déclara Mills en réfléchissant.

— Ou peut-être que tous l’ignoraient aussi…

Mills regarda avec gravité Cléry.

— Quand est-ce que la disparition de sa dépouille a eu lieu ?

— Le jour du mariage ducal.

Mills écarquilla les yeux, comprenant que cette date amenait des pistes supplémentaires.

— Je veux écarter toutes les possibilités avant de croire qu’il y ait un rapport entre cette disparition et l’attaque du mariage… Cela peut être une affaire familiale, comme un villageois ou quelqu’un de l’extérieur qui ait voulu montrer son opposition à ce mariage, en montrant qu’il regrette l’ancienne duchesse à la nouvelle.

— Oui, c’est tout aussi plausible… commenta Mills. Je suggère de ne pas en parler à la Duchesse tant que nous n’avons pas plus d’éléments. Si elle venait à croire qu’on ne veut pas d’elle à Althéa, cela lui mettrait un coup au moral qu’il n’est pas bon de faire naître en elle.

— Je suis d’accord. Il faut tout de même prévenir Callum de ce lien possible entre la disparition de l’ancienne duchesse et l’attaque du mariage.

— Attendons qu’il revienne de Piléa. Cela nous laissera peut-être du temps pour enquêter et en savoir plus sur Ilina Averhill.

— Oui, je vais interroger les anciens d’Althéa. Peut-être sauront-ils nous en dire davantage sur les fréquentations amoureuses de la Duchesse Averhill ?…

Du haut de sa fière monture, Callum Callistar observa Piléa au loin. Il avait craqué. Il avait cédé aussi bien à Mills qu’à l’appel du manque de sa femme. Il pouvait en cet instant reconnaître l’homme faible, sans force mentale, qu’il était. Mais s’il y avait une chose dont il était certain, c’était que les ténèbres ne pouvaient rien devant sa curiosité. La curiosité était une source intarissable d’espoir. Elle donnait un but, une envie de savoir qui dépassait toute déprime. Et s’il était aujourd’hui sur le point de retrouver sa femme, c’était bien parce qu’il voulait connaître cette partie de sa vie antérieure à leur mariage, comme on découvre une part d’ombre qu’on expose à la lumière du soleil. C’était une sensation vivifiante à laquelle même un démon ne pouvait s’opposer.

Il avait déjà eu l’occasion de se rendre à Piléa. C’était d’ailleurs dans cette région qu’il avait rencontré la fillette au collier. Un élément qui avait aussi déterminé son choix à vouloir faire d’Aélis son épouse, les coïncidences étant plus fortes que la raison. Il avait cherché cette fillette plusieurs années plus tard, en vain. Mais cette fois-ci, la petite ville de Piléa lui apparaissait différente. Comme une alliée plus pertinente qu’à l’époque pour déchiffrer le mystère Aélis. Il avait de quoi enquêter. Il avait beaucoup plus d’éléments pour connaître la vérité. Malgré tout, il savait que cette enquête allait être reléguée au second plan devant son envie de savoir ce que fabriquait son épouse au sein de sa famille.

Il donna un coup de talon à Kharis qui avança tranquillement vers la ville jusqu’à arriver devant le domaine des De Middenhall. Il se trouva alors devant un garde à l’entrée.

— Je suis le Duc Callum Callistar, Seigneur d’Althéa et mari de votre jeune maîtresse. Je souhaiterais la voir…

 

LOMCTR T3 : Le coeur ou la raison – chapitre 1

Ils sont de retour !

 

Souvenez-vous ! Callum a découvert qu’il avait un démon légendaire en lui, Noctis, et Aélis porte en elle la Protectrice, l’ennemie jurée de Noctis.

Aélis doit, malgré ces révélations, partir au chevet de sa mère malade à Piléa.

 

©Jordane Cassidy – 2023


=> Chapitre 2


 

 

1

Déterrer des souvenirs.

 

 

 

Il y a trois ans…

 

— Votre Majesté, au rapport !

Le Roi Mildegarde regarda son lieutenant de travers.

— J’espère que les raisons qui vous conduisent à me déranger en plein repas avec la famille royale sont pertinentes, Lieutenant Gomi.

Le lieutenant s’inclina devant la famille royale.

— Je suis désolé de vous déranger, mais je dois vous informer d’un fait grave.

— Un fait grave ? Rien que ça ?!

— Nous avons essuyé une attaque, Votre Majesté ! Les geôles ont été partiellement détruites.

Hélix Mildegarde s’interrompit tandis qu’il essayait d’arracher la chair d’un pilon de poulet avec ses dents. Il le posa alors dans son assiette en silence et s’essuya les mains, puis la bouche, à présent tout à son écoute.

— Comment ?!

— Des prisonniers ont pris la fuite, à la suite d’une intrusion.

Dans un geste brusque, le Roi se leva de son siège.

— Qui a osé attaquer la prison ?! s’exclama-t-il alors, dans un cri de colère.

— D’après les premières informations recueillies, il semblerait qu’un chevalier magique se soit infiltré dans les geôles et qu’il ait semé le chaos au milieu des gardiens et des prisonniers. Je suis désolé. J’ai manqué à ma mission, Votre Majesté. Je devais en assurer la sécurité, mais je n’étais pas présent au moment de l’attaque. Je pense que tout était prévu pour parvenir à la réussite de cette attaque, y compris de connaître mon emploi du temps…

Le soldat s’agenouilla, se mettant à la merci du châtiment du Roi. Cependant, Hélix Mildegarde ne s’attarda pas sur la culpabilité de son lieutenant en charge de la prison d’Avéna.

— Un chevalier magique, tu dis ? Sa description ?! lui ordonna alors le Roi.

— D’après les prisonniers qui ont préféré rester de peur des représailles plutôt que de s’enfuir, ce serait un homme d’une cinquantaine d’années avec des lunettes.

— Un chevalier à lunettes, tu dis ?…

Hélix Mildegarde se rassit pour réfléchir et trouver qui, à sa connaissance, pouvait correspondre à ce descriptif. Il n’y avait pas des milliers de chevaliers magiques au royaume.

— Il semblerait que son pouvoir magique soit de type… aqueux.

Le Roi écarquilla les yeux, devinant soudain l’identité du chevalier. Il releva la tête vers son soldat, la mine plus inquiète. Son lieutenant ferma un instant les yeux avant de les rouvrir pour annoncer l’objectif de cet assaut contre la prison.

— Il est venu libérer votre frère, Gésar Mildegarde. Il s’est enfui avec lui.

Les yeux d’Hélix Mildegarde s’assombrirent. Il ferma le poing et serra ses doigts de toutes ses forces, de rage.

— Maudit sois-tu… Khan !

 

Aujourd’hui…

Hélix Mildegarde contempla sa chevalière d’un air songeur. Un souvenir lui revint en mémoire… Ils avaient huit et onze ans à l’époque.

« — Hé ! Hélix ! Regarde ce que j’ai appris ! déclara Gésar, les pupilles brillantes.

Hélix regarda son grand frère en coup de vent avant de se replonger dans ses livres.

— Merveilleux coup d’épée ! lui déclara-t-il d’un ton monotone.

— Contemple-le bien ! Il va servir le royaume bientôt ! se gaussa Gésar. Père a dit que j’irai bientôt combattre avec les troupes royales.

— Réjouissant !

— Arrête d’être cynique et sors un peu de tes livres, Hélix !

— Les livres sont aussi d’excellents outils pour gagner un territoire ! Tu devrais en lire, futur Roi !

— Et toi, tu devrais prendre aussi une épée pour protéger ton futur Roi !

— Il saura se défendre sans moi ! Regarde le magnifique geste qu’il vient d’apprendre !

— Fais le malin ! Tu verras ! Père sera fier de moi ! Je veux être son digne successeur ! Et tu seras mon premier conseiller, Hélix !

— Je n’attends que ça ! lui répondit Hélix avec ironie.

— Un jour, j’hériterai de la chevalière de Père ! Il m’a promis qu’il me la donnerait le jour de la succession. Je suis après tout le fils héritier du trône !

Hélix souffla, dépité par tant de futilités à ses yeux.

— Tout ça pour une bague… Il y a tellement d’autres choses à découvrir que la guerre et la gouvernance d’un royaume.

— Pourquoi n’aimes-tu pas l’idée d’être Roi, frangin ?

— Parce que l’on n’est jamais en paix !

Hélix ferma son livre et le quitta.

— Je t’apporterai la paix ! Je te le promets, Hélix ! »

Hélix souffla à ce souvenir.

— Tu parles ! Tu ne m’amènes que des ennuis !

Un soldat vint alors le trouver dans la grande salle du trône.

— Votre Majesté ! Au rapport !

— Sempiternelle phrase… Parle !

— Nous n’avons toujours aucune trace de Messire Gésar ni du chevalier magique Khan. Il semble que leur activité soit discrète depuis le mariage du Duc Callistar. Nous n’avons pas eu d’autres vols de pierres depuis ni eu vent d’attaques d’un chevalier avec le descriptif du chevalier Khan.

Hélix contempla à nouveau cette fameuse chevalière à son doigt, héritée de leur père, d’un air songeur.

— Que comptes-tu faire, mon frère, maintenant que tu as le corps d’Ilina ? À quoi cela t’avance-t-il de le récupérer ?

Un grand livre se referma dans un amas de poussière. Le Grand Gardien soupira, agacé de ne pas trouver plus d’informations sur Noctis.

— Alors ? Toujours rien ?

Kizo apparut sur le pas de la porte de son bureau.

— Non… Je n’ai aucun témoignage stipulant que ce démon ait déjà pris possession d’un corps.

— Je suis sûr qu’il y a un moyen d’inverser cette possession et de rendre à Callum l’entière propriété de son corps ! l’encouragea Kizo, optimiste. Peut-être devrions-nous nous pencher sur des cas de possession de démon de niveau plus faible et adapter une formule pour ce démon et sur l’exorcisme.

— C’est une idée… Séparer le démon de Callum Callistar nous permettrait de gagner un soldat contre ce démon. Après tout, Callum est un chevalier émérite. Cependant, j’ai aussi l’intime conviction que l’en séparer ne serait pas judicieux pour l’hôte.

— Tu crains que la séparation se passe mal et que Callum en paie le prix fort, et nous aussi ?

— Oui. Le démon pourrait altérer le corps de Callum s’il sent qu’on tente de l’en séparer.

— Alors, pourquoi chercher des témoignages de possession dans ces livres ?

— Nous avons une théorie sur cette possession avec le Roi Mildegarde. Nous pensons que Callum a ce démon depuis la naissance. Il a toujours manifesté ce déséquilibre des forces en lui entre le Bien et le Mal. Partant de ce principe, si ce démon est présent depuis sa naissance, cela peut donc signifier que c’est la mère de Callum qui aurait pactisé avec le démon lors de la grossesse.

— Sa mère ? Mais…, on ignore qui c’est ! Il a toujours été orphelin. Et pourquoi offrir son fils à un démon ?

— Pour tout te dire, Kizo, la vérité sur les origines de Callum a été cachée par le Roi volontairement, et aujourd’hui, tant que nous ne savons pas ce qu’il s’est réellement passé avec sa mère, nous devons conserver ce secret.

Kizo le fixa gravement.

— Pourquoi conserver un tel secret ? Qu’y a-t-il d’important à cacher dans les origines de Callum ?

Le Grand Gardien sourit avec amertume.

— Certainement qu’il y a des souvenirs du passé que le Roi a préféré enterrer, pour le bien de tous…

— Effectivement, vu les dernières révélations, la vie de Callum Callistar semble bien compliquée !

— Et elle peut l’être encore plus selon ce que nous garderons pour nous et ce qui se révèlera à lui. La question est donc de savoir si cette possession a été volontaire ou involontaire de la part de sa mère. Soit elle a convoqué le démon pour qu’il interfère d’une quelconque manière et Callum risque de mal accepter cette issue, soit elle l’a rencontré par hasard et c’est lui qui s’est servi de sa grossesse pour répondre à des desseins plus troubles. Dans ce cas, Callum pourra l’admettre plus facilement comme une fatalité.

— Dans tous les cas, quelle tristesse si cette possession date réellement de cette période !

Kizo ne cacha pas sa compassion pour cette femme inconnue qui avait dû beaucoup souffrir aussi.

— Quel sentiment a pu éprouver cette mère lorsque le démon s’est réfugié dans son ventre ?

Le Grand Gardien contempla le livre qu’il venait de refermer avec amertume.

— La tristesse d’une mère n’a d’égale que celle de son fils orphelin aujourd’hui…

Cléry referma un vieux livre emprunté au Conseil Magique concernant la Protectrice. Il avait ainsi un peu plus d’éléments sur les attentes du Grand Gardien la concernant. Elle était un symbole du Bien, une légende, elle aussi. Il comprenait combien la réapparition de la Protectrice avait une importance dans la lutte du pouvoir contre le Mal. Il soupira et se décida à ouvrir les portes de l’église, avec sérénité.  En cette matinée, le soleil était au rendez-vous et l’air frais du matin annonçait un redoux évident pour la journée. Pourtant, quelle ne fut pas sa surprise en trouvant le responsable du cimetière devant lui, attendant l’ouverture des prières en ce lieu saint.

— Bonjour Monsieur Ratule. Les bras du Seigneur sont grands ouverts pour vous !

Il lui céda le passage devant l’entrée de l’église et l’homme entra, le visage visiblement tracassé. Sans un mot, Monsieur Ratule le salua d’un signe de tête et se dirigea vers le confessionnal, après avoir fait un signe de croix devant l’autel. Cléry soupira, navré de voir combien ses fidèles pouvaient trouver autant de tracas dans leur quotidien, au point de chercher une aide religieuse dès la première heure de la matinée. Il sourit finalement. Sa mission était de les soulager, peu importe l’heure. Il se dirigea donc à sa suite en silence et s’installa dans la partie du confessionnal dédiée à l’homme d’Église.

— Mon Père, je viens à vous, car le poids de ma culpabilité me ronge depuis trop de temps. J’ai péché d’orgueil et de paresse.

— Que vous arrive-t-il, mon fils, pour vous accabler à ce point d’une culpabilité ?

— J’ai caché un fait important à la communauté et à notre Duc. J’ai manqué à mes devoirs par simple orgueil, pour un fait outrageant pouvant avoir des conséquences…

Cléry sentit l’homme très mal à l’aise, inquiet.

 — Je vous écoute.

— J’ai découvert qu’une tombe a été profanée…, le jour du mariage du Duc. Le cercueil avait disparu… Dans un élan de panique, j’ai recouvert le trou et j’ai fait comme si rien ne s’était passé. J’avais peur qu’on me juge d’incapable. Je suis après tout le gardien du cimetière. C’est mon rôle de surveiller les tombes. Si l’une d’elles est endommagée, la responsabilité me sera incombée et… pour ce cas, j’ai pris peur en réalisant les répercussions sur mon avenir. Seulement…, plusieurs semaines après, la terre a de nouveau été remuée et là, j’ai complètement paniqué. Peut-être que quelqu’un a su que j’avais tu cet outrage. Peut-être qu’on essaie de me faire peur… Peut-être que c’est « Elle » qui revient me hanter ! Je ne dors plus ! Elle va venir emporter mon esprit en enfer !

Le gardien du cimetière s’attrapa les cheveux dans un geste de démence.

— Calmez-vous, mon enfant. Vous dites qu’une tombe a été saccagée ? Vous savez, si votre culpabilité d’avoir délibérément omis de le signaler est effective, la culpabilité de celui qui a troublé le sommeil de nos morts l’est encore plus. On ne sort pas nos morts du repos éternel. C’est un blasphème. Le Seigneur sera beaucoup moins clément envers cette personne. La question est de savoir pourquoi on s’attaquerait à une tombe, à deux reprises. Peut-être serait-il judicieux de déposer une plainte pour lancer une enquête ?

— Mais s’il y a enquête, je vais être puni par le Duc ! Je ne voulais pas déranger le Duc dans son bonheur de nouveau marié avec une telle affaire et ensuite, je me suis dit que c’était trop tard. Maintenant, je me rends compte que j’ai compromis autant de preuves que d’espoir de résoudre cette énigme à cause de ma faiblesse !

— Il n’est jamais trop tard pour réparer ses erreurs ! rétorqua d’un ton sûr le prêtre. Dites-moi, vous avez dit « elle va revenir me hanter… », de qui parliez-vous ?

— Il ne s’agit pas de n’importe quelle tombe… C’est celle de l’ancienne Duchesse d’Althéa : Dame Averhill !

— L’ancienne Duchesse d’Althéa ? répéta alors Cléry, surpris et songeur.

— Oui… Comment peut-on commettre un tel sacrilège le jour où une nouvelle Duchesse doit prendre la gouvernance de la cité ? Qui peut vouloir infliger un tel affront au Duc le jour de son mariage ?

Cléry resta tout aussi abasourdi par cette annonce.

— Déjà qu’il a dû essuyer cette attaque en pleine cérémonie… continua le gardien du cimetière, désolé.

Cléry écarquilla les yeux et une hypothèse traversa son esprit. La coïncidence semblait grosse, mais en même temps…

Il sortit alors du confessionnal et se montra à Monsieur Ratule.

— Montrez-moi la tombe ! Immédiatement !

— Mais… ? Et ma repentance ?

— Le Seigneur verra en vous un premier pas vers le pardon si vous me conduisez à cette tombe !

Le gardien le guida à travers les rangées de tombes jusqu’à apercevoir au fond du cimetière une grande stèle surplombant les autres. Cléry fronça les sourcils et se hâta.

— La voici ! lui déclara l’homme. Son père, le Duc Averhill, est juste à côté.

Cléry remarqua alors la différence immédiate de traitement de faveur entre les deux tombes. Si la tombe de la Duchesse était majestueuse et indiquait volontairement la mise en avant de la personne qu’était cette femme, celle du Duc était discrète, sans ornements. Il contempla les épitaphes. La Duchesse était morte il y a vingt-cinq ans. Le Duc il y a treize ans.

— Pauvre homme…, commenta alors le gardien du cimetière. Il aimait tellement sa fille. Il ne s’est jamais remis de son décès. Déjà, la disparition de son épouse l’avait profondément meurtri, celui de sa fille l’a achevé…

— Comment est-elle morte ? J’avoue ignorer l’histoire d’Althéa.

— En couche ! Ni le bébé ni elle, n’ont survécu. Ce fut un traumatisme incurable pour son père. Il aurait tout donné pour elle.

— Cela se voit. Il suffit de comparer les deux tombes.

— Il ne voulait pas d’un caveau familial où il aurait pu la rejoindre. Il se sentait responsable de sa mort et estimait qu’il ne méritait pas les mêmes égards. Alors il s’est contenté d’un enterrement sobre à ses côtés. Il voulait qu’elle marque davantage les esprits que lui. Peut-être une façon de la faire exister encore maintenant aux yeux des gens. Quand ils viennent ici, ils la voient. Elle ne passe pas inaperçue.

 

Cléry s’agenouilla et toucha la terre. Il examina bien le lieu, puis visa le type de chaussure du gardien en correspondance avec les traces de pas légèrement effacées dans un coin de la tombe.

— Des bottes de soldats…

— Plait-il ?

— Il y a des empreintes partielles ici.

Il les montra au gardien qui observa plus attentivement le sol.

— Pour en avoir vu beaucoup sur le champ de bataille, ce sont des empreintes de bottes de soldats. L’armure et les bottes rendent le pas plus lourd. Il n’y a pas de crampons ayant emporté la terre. Les bottes de soldats en sont dépourvues, justement pour éviter de rendre l’armure plus lourde encore…

— Vous êtes en train de dire que ce serait peut-être la garde royale ?

— Pas forcément. Cela peut être un groupe de mercenaires aussi, mais l’armée royale était là, le jour du mariage. Cela reste plausible dans les deux cas. La question est de savoir qui était là la première fois, le jour du mariage, et qui est venu la seconde fois, lorsque vous avez remarqué que la terre a été à nouveau retournée ?

— Pour des mercenaires, l’hypothèse tient la route, mais pour la garde royale ? Pourquoi la garde royale ferait…

 

Le gardien s’interrompit dans sa réflexion et écarquilla les yeux. Cléry commençait à creuser de ses mains la tombe.

— Que faites-vous ? Vous n’allez pas, vous aussi… ?

— Vous n’avez pas vérifié si le cercueil a été remis en place, je parie ?

— N… non…

— Vérifions ! Cela confirmera l’hypothèse que quelqu’un est venu vérifier le vol du cercueil, avant nous !

 

Je te veux ! T8 : Où en sommes-nous ???

Voilà une question qui revient régulièrement, cela après un an de la sortie du T7.

Je viens donc faire le point avec vous concernant la fin de la saga.

Mon mood autour de JTV

 

Voilà un an que le T7 de JTV est sorti et bien sûr, la deadline d’un tome par an arrive donc. Beaucoup espèrent donc une annonce prochainement. Avant toute chose, j’aimerais vous parler de mon humeur qui a traversé cette année post-JTV7…

J’ai fini le travail de JTV7 dans un état psychologique assez compliqué. Tout d’abord, comme après chaque tome de JTV, je suis lessivée. C’est assez bizarre, mais je n’ai pas une telle fatigue après l’écriture de mes autres histoires. Du moins, ce n’est pas une fatigue aussi poussée. Je te veux ! est une saga qui est psychologiquement assez compliquée à écrire, mais c’est aussi, je pense, l’histoire qui me donne le plus de pression. Parce que c’est ma première saga, c’est aussi votre première saga pour la plupart d’entre vous. En gros, je n’ai pas envie de me rater sur son écriture en sachant l’attente derrière depuis tant d’années. C’est aussi mon plus gros projet. 8 tomes, ce n’est pas rien ! Au-delà de la charge de boulot, cela demande une persévérance et une conviction sans faille que j’ai dû assumer durant toutes ses années. certs, je l’ai voulu ! Mais cela reste un projet très ambitieux au final pour lequel je n’avais pas prévu ce tel déploiement.

Cette pression, je l’ai eu x 10 avec JTV7. C’est l’avant-dernier tome, mais c’est aussi le début du dénouement de l’histoire d’Ethan et Kaya, et des portes commencent à se refermer, des questions trouvent des réponses, des hésitations trouvent un aboutissement vers une certitude inébranlable. Et par-dessus tout, c’est le tome qui a évoqué deux gros points : l’état psychologique d’Ethan à travers le docteur Courtois et bien sûr la demande en mariage d’Ethan. Je ne voulais pas me rater sur ces deux points très importants dans l’histoire de nos deux zigotos et vous décevoir. La demande en mariage devait être LE point culminant que tout le monde attendait, mais façon M. Connard. Donc, il fallait qu’elle soit fidèle au caractère d’Ethan. Cela a donc été beaucoup de questionnements de ma part, malgré mes certitudes sur la direction que je voulais prendre. Je voulais qu’à la lecture, on comprenne tout le chemin psychologique d’Ethan, mais aussi tout ce que représente leur relation.

 

Cette appréhension s’est amplifiée avec le passage à la bêta lecture. Pour être honnête, cela ne s’est pas très bien passé. Les filles ont relevé davantage le négatif de chaque chose que tout le positif de ce tome, ou bien elles n’ont pas réagi du tout aux moments que j’attendais. J’ai ressenti un gros décalage entre ma vision du roman et la leur. Je me suis donc encore plus interrogée sur ma vision de la romance, sur ce qui était bien ou non dedans, sur la finalité à donner à tout cela si je devais tout changer. Résultat, j’étais à deux doigts de ne rien publier du tout, tellement j’étais déçue et perdue. Des heures de travail remises en doute en quelques heures de lecture…. On en a bien sûr parlé entre nous, on s’est expliqué en prenant en compte le caractère de chacune, mais une blessure s’est toutefois ouverte même si aujourd’hui, tout est plus ou moins rétablie. Les rouages de notre collaboration ont été impactés assez fortement et la dream team que nous formons depuis le début s’est fissuré. Il a donc dû falloir colmaté tout ça pour repartir sur de nouvelles bases.

Cette blessure s’est transformée en blocage de mon côté. La sortie de JTV7 a été une sortie que j’ai vécu en demi-teinte. Déjà, de mon côté, parce que mon moral était passable. Outre le travail éditorial compliqué, j’ai perdu mon chat qui m’accompagnait depuis 18 ans. J’ai dû la faire euthanasier. Ce fut dur aussi parce que beaucoup de lectrices ne l’ont pas acheté, attendant peut-être le dernier tome pour tout lire. Mon moral était donc un peu plus descendu, car j’ai eu l’impression de me prendre la tête avec cette histoire pour pas grand-chose finalement. Rien allait comme je le voulais. Autant dire que je n’avais pas envie de commencer l’écriture de JTV8 dans la foulée, malgré les bons retours de celles qui l’ont lu et qui m’ont conforté sur mes choix scénaristiques.

C’est aussi la raison pour laquelle je me suis lancée dans l’écriture de Là où mon coeur te retrouvera… durant la même période. Cela m’a fait un bien fou. Pas de pression, car c’était une toute nouvelle histoire et que je n’avais aucune idée de votre réaction, mais aussi parce que je partais loin de la contemporaine en explorant la romance fantasy. Une telle bouffée d’oxygène qui m’a permis d’écrire les deux premiers tomes en 6 mois !

En vérité, mon blocage ne vient pas des histoires que j’ai en tête. L’imagination a toujours été foisonnante chez moi. Le scénario de JTV8 était déjà bien défini dans ma tête. C’est ce qui se passe autour qui peut vite me parasiter l’esprit et faire évoluer mon humeur négativement. Et ce blocage autour de JTV8 a perduré. J’ai tenté durant les grandes vacances 2022 de commencer le T8, mais je n’arrivais pas à écrire le chapitre 1. En général, je n’ai aucun souci avec mes 1ers chapitres d’histoire. J’ai un tel besoin de déverser, que ça coule tout seul sur le clavier. Pour JTV8, malgré mon idée bien précise de ce que j’espérais écrire, je n’y arrivais pas. J’écrivais, j’effaçais, j’écrivais, j’effaçais. J’ai donc mis à nouveau JTV8 de côté et je me suis consacrée durant ces grandes vacances à reprendre Be my Baby ! Là encore, j’ai déroulé, notamment pendant mes 15 jours au pays basque et j’ai écrit les chapitres que vous lisez actuellement sur Fyctia.

Puis à la rentrée, j’ai retenté JTV8 et même topo. JTV8 amène une pression supplémentaire, car c’est le tome ultime où tout doit se finir bien et où rien ne doit être bâclée. Les derniers gros points noirs doivent être percés et une fois encore, me replonger dans Je te veux ! me coûte psychologiquement au regard de ce que j’ai vécu avec le T7. L’appréhension grandit, me bouffe et je n’arrive pas à agencer mes phrases, à développer la mélodie de cette histoire. Je me plonge donc dans la sortie de Là où mon coeur te retrouvera… Même si ma romance fantasy est boudée par certaines et enfonce un peu plus mon désarroi autour de mes écrits, je prends plaisir à développer cette histoire. L’aide et le travail de Thierry autour des couvertures me permet de me dire que c’est un projet hors norme et donc que cette nouveauté doit prendre le temps de s’installer. Elle commence à effectivement prendre sa place comme oeuvre de Jordane cassidy et me présente à présent comme auteur de romance multi sous-genres. Aller trouver un nouveau lectorat m’a pris toute la fin d’année et tout ce début d’année 2023. Petit à petit, j’arrive à convaincre à tenter cette aventure et un lectorat parallèle commence à apparaître.

Et nous voilà aujourd’hui en mars, au un an de JTV7 !

 

 

Où en est-on dans JTV8 ?

 

Vous l’avez compris, JTV8 n’est pas en travail éditorial pour l’instant. Aucune date de sortie ne se profile vraiment.

Fin 2022 début 2023, j’ai écrit la moitié du T3 de Là où mon coeur te retrouvera…

Be my Baby ! est sorti parallèlement sur Fyctia et j’ai jonglé entre les deux manuscrits.

Be my Baby ! a cet avantage de m’aider à renouer un peu avec la romance contemporaine. Avant les vacances de février, j’ai commencé à reprendre la mise en page de JTV1, 2, 3, 4 de la version papier qui n’était plus à la vente depuis une bonne année en librairie. Ce travail est toujours en cours. Il a le mérite également de me faire revenir vers JTV pour tenter de « faire la paix » avec cette histoire qui me refroidissait et de me raccrocher au positif de cette romance. La mise en page me permet de traquer quelques coquilles et de tomber sur des moments, des phrases et des mots qui me font sourire. Reprendre ces moments pour me rappeler pourquoi j’écris cette romance m’a poussé à me poser à nouveau devant le chapitre 1 de JTV8.

La bonne nouvelle de cet article, c’est que j’ai réussi à passer outre ce blocage. Le chapitre 1 est fini. J’ai déroulé le chapitre 2 sans souci. Le chapitre 3 est en cours. Je renoue doucement avec mes personnages. J’ignore le temps que ça va me prendre pour tout écrire, d’autant que j’ai les deux autres histoires qui sont aussi sur les rails. Je ne cherche pas à me mettre de deadline pour le moment. C’est trop fébrile pour l’instant pour dire que je suis complètement lancée dedans. Cependant, je suis enfin entrée dans un bon mood pour l’écrire. L’essentiel est que j’avance enfin sur ce manuscrit. Je crois que j’ai besoin de ce temps de gestation pour aussi apprécier l’écriture de cette fin et dire au revoir à mes personnages fétiches. J’ai besoin d’une bulle sans « parasitage » autour pour retrouver cette osmose avec cette histoire et clôturer cette romance sereinement. À la fin de l’année, je fêterai les 10 ans de JTV. Dix ans, ce n’est pas rien dans une vie.

 

J’espère que vous n’êtes pas trop déçues. Je vous tiendrai de l’avancée au fur et à mesure de l’année. J’ai deux trois annonces en stock à vous dire concernant ce tome. J’espère pouvoir y mettre un gros coup d’accélérateur sur les prochains mois pour une sortie pour les dix ans de l’écriture des premiers mots sur mon clavier. Une façon de boucler la boucle de façon apaisée…

 

Jordane