Méthode d’écriture : l’écriture par scènes



 

Il y a plusieurs façons d’aborder l’écriture de son roman. La plus conventionnelle reste celle d’écrire au fil de l’eau, chapitre par chapitre. Il y a quelque chose de rassurant, parce qu’on suit une ligne directrice tracée, un plan et on s’y tient, chapitre après chapitre. Certains de mes livres ont été écrits ainsi. On voit l’avancée de son manuscrit, telle une jauge qui augmente avec les chapitres écrits.

Et puis, il y a ceux que ça bloque. Il suffit d’arriver à un chapitre plus complexe, qu’on ne sache pas comment le tourner, l’appréhender dans la formulation, pour que tout notre livre reste bloqué à cette étape. La progression se stoppe immédiatement ; il est difficile de songer au chapitre d’après si on n’a pas la fin du précédent. Comme avancer si on n’a pas ce chapitre d’écrit ?

 

 

Il existe une autre méthode, plus souple, pour aider Muse à rester avec nous, mais surtout pour nous décoincer d’un blocage d’écriture :

l’écriture par scènes.

 

 

1 – L’écriture du moment

 

Beaucoup le savent parmi mes lectrices : je porte de l’importance au feeling, à l’intuition, au moment. Il y a des moments où tout va de source et d’autres où l’on n’a tout simplement pas envie et on pourra se forcer, le résultat restera en-deça de notre exigence. Voilà pourquoi il est bien parfois de laisser sa rigueur de côté pour se libérer. S’écouter dans ce genre de cas devient primordial.

L’écriture par scènes va dans ce sens. Il s’agit d’écrire ce qu’on a envie au moment où on en a envie ! On prend juste le plaisir de choisir d’écrire une scène qui nous appelle aujourd’hui. On se concentre juste sur la scène. On ne s’intéresse pas à savoir dans quel chapitre il se positionne. Le découpage des chapitres ne viendra qu’au moment de l’assemblage des scènes. On se contente juste d’empiler toutes les scènes de son livre. L’écriture s’assouplit car on choisit quelle scène on va écrire selon la façon dont on se sent au moment donné. Une scène qu’on n’a pas envie d’écrire aujourd’hui sera celle qu’on voudra aborder dix jours après. 

 

 

2 – Le patchwork qui devient une histoire

Plan par scènes Je te veux ! T6

 

Lorsque les scènes s’accumulent, on peut commencer par les classer par ordre de passage dans le scénario. Si on les lie à la suite, on voit se dessiner l’histoire, on voit les passages de transitions d’une scène à l’autre pouvant manquer. On repère les scènes importantes dans l’histoires et les scènes intermédiaires. On repère les scènes longues et les plus courtes. À ce titre, n’hésitez pas à noter le nombre de mots à côté de chaque scène écrite.

Vous  visualisez alors quel découpage par chapitre vous pouvez agencer.

Vous construisez une histoire  qu’on pourrait croire de façon anarchique au premier abord, mais qui suit malgré tout votre scénario. Au final, tout s’emboîte comme un Tetris.

J’utilise l’application Scribbook sur l’ordinateur. C’est une application en ligne. Vous pouvez écrire de n’importe quel support tant que vous avez internet. Il vous suffit juste d’aller sur le site et d’écrire. Il y a d’autres logiciels et applications qui permettent de permuter les fichiers/scènes de votre plan comme scrivener ou writecontrol et ainsi de gérer l’agencement de vos scènes et leur suivi. 

 

 

 

 

3 – Les inconvénients

Bien évidemment, cette méthode implique d’avoir un plan assez précis de votre scénario. Le début, les enchaînements, la fin doivent être connus dès le début. Vous devez avoir en tête toutes les étapes de votre histoire pour pouvoir choisir quelle étape vous allez écrire aujourd’hui. L’idéal est d’avoir un plan chronologique des idées principales/des scènes. L’improvisation peut intervenir dans l’ajout de certaines scènes, mais votre plan de base doit être toutefois bien ficelé pour savoir quelle scène vous devez écrire.

 

Il faut aussi bien faire attention à la cohérence. En écrivant de façon décousue, on peut perdre le fil des événements et des détails chronologiques. Cela demande donc une vigilance à la relecture finale. Mais n’hésitez pas à noter vos doutes dans un coin pour mieux y revenir quand le puzzle sera plus complet.

 

L’homogénéité des chapitres peut aussi poser problème. On peut se retrouver avec des chapitres plus ou moins longs selon votre découpage.

Deux conseils peuvent être utiles : écrire des scènes avec une moyenne de mots similaires selon si ce sont des scènes courtes, moyennes ou longues. Le résultat au moment du « chapitrage » sera plus régulier. Le second conseil est de ne pas hésiter à couper une scène en deux pour l’intégrer entre deux chapitres. Il vous suffit de trouver le mini cliffhanger dans la scène pouvant servir de lieu de coupe pour passer la suite au chapitre suivant. Parfois une phrase transitoire à ajouter peut aider à placer ce cliffhanger. Cela peut être une surprise, un doute, une annonce, une déconvenue. Jouer sur une émotion pour couper une scène entre deux chapitres fonctionne bien.

 

 

Conclusion

 

J’ai utilisé cette méthode pour mes deux derniers livres. C’est une méthode qui peut paraître plus compliquée au premier abord, mais c’est aussi une méthode plus libératrice, moins oppressante, car le but de cette méthode est bien d’être aligné avec son envie du moment. C’est une façon de lutter contre ses doutes, ses appréhensions, sa peur d’être écrasé par l’ampleur du projet.

Il existe une méthode intermédiaire qui est d’écrire par chapitre, mais de façon aléatoire. Cela peut aussi fonctionner à condition d’avoir également son plan par chapitre plutôt que par scène ou par idée globale comme pour la méthodologie par scènes.

Quoiqu’il en soit, ne restez pas figer à une méthode d’écriture. N’hésitez pas à switcher !

 

 

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